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Krazy Kitty © 2005-2007

Krazy Kitty en Californie

31 août 2006

186 - Cheat smart... please

Il y a des choses qui sont toujours les mêmes, quel que soit le pays, quel que soit l'âge, quelle que soit la matière que l'on essaie d'enseigner.

Les élèves n'ont pas le droit de copier leur devoir à la maison sur celui de leur voisin / copain / ennemi juré / hamster en tutu rose. C'est une règle immuable des cours en université, je crois bien qu'elle est d'ailleurs explicitement détaillée dans la politique de l'université sur l'honnêteté académique. Ils ont le droit de travailler ensemble, de s'entre-aider, mais chacun doit rendre un travail personnel.

Comme on peut s'y attendre, certains ne se gênent pas pour déroguer à la règle. Et bien qu'ils soient à la fac depuis quatre ans, ils ne sont pas très habiles en la matière... Il y a en effet deux règles à respecter pour copier sans se faire découvrir un devoir scientifique, et je suis surprise qu'ils n'aient pas encore appris à ce stade à copier intelligemment.

Règle numéro 1
: s'assurer que la réponse que l'on recopie doctement n'est pas trop farfelue, et s'abstenir si l'on doute. En tant que correctrice, trouver deux fois la même réponse à une question qui est à mille lieues d'être celle posée me met rapidement la puce à l'oreille.

Règle numéro 2 : reformuler. J'ai peut-être de quarante à cinquante copies à corriger, mais je me rends vite compte si deux d'entre elles ont mot pour mot les mêmes phrases.

Par malheur pour mes pauvres élèves martyrisés, j'ai une très bonne mémoire des noms et des devoirs qui s'y rapportent, et je retrouve presque immédiatement la copie où j'ai vu apparaître la réponse la première fois. Ce qui répond à la question de savoir quel est le jeu préféré des correcteurs sadiques tels que, euh, moi (nom d'une roue je suis devenue mon pire cauchemar de prépa aidez-moi !) : jouer au Memory avec les réponses des élèves, c'est triste, mais que voulez-vous, elles ne vont pas se corriger seules, les copies, et pendant ce temps, faut bien se divertir un peu. J'ai un mal fou avec le travail fastidieux.

Reste, souvent, le doute. Je ne suis jamais totalement sûre que deux élèves ont copié l'un sur l'autre (c'est-à-dire, généralement, que l'un a copié sur l'autre), à moins d'avoir des paragraphes entièrement similaires. Cependant, quand après avoir tempêté plusieurs fois au sujet des copies similaires et du fait que nous les repérions, rappelant sans cesse qu'il est interdit de copier sur son hippopotame de compagnie, la prof donne un zéro à toute copie apparaissant en doublon, en insistant sur le fait que toute contestation est encore possible et que l'on peut venir s'expliquer à la fin du cours, je vois les concernés partir la tête basse sans même avoir comparé leur copie avec celle qui lui est similaire (et se trouve entre les mains de son voisin de siège par un hasard que, vraiment, je ne saurais m'expliquer) afin de comprendre comment ils ont pû être ainsi soupçonnés...

Improvisé par Krazy Kitty à 21:36 in A Day At School
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24 août 2006

182 - Une journée avec Krazy Kitty

06h36. Je me réveille. Ah tiens, je suis réveillée. Ah tiens, y a un petit rayon de soleil faiblard dans le coin. Ah tiens, j'ai chaud. Ah tiens, c'est tout calme ici. Ah tiens, la radio ne fonctionne pas, il n'est donc pas l'heure de mon réveil. Ah tiens, il est tôt.

06h39. Je doute sérieusement que ça vaille la peine de me rendormir pour maintenant, quoi, ving-huit minutes. Et puis je suis réveillée, là, vous m'entendez le chat, réveillée ? C'est que depuis que j'ai vu le Nestor Burma avec Michel Serrault  qui vouvoie son chat, je vouvoie mon chat. Le fait que je n'aie pas de chat est un inconvénient tout à fait mineur. Parfois, à la place, je vouvoie ma vieille souris en peluche, mais on se connait depuis mes six mois, alors elle le prend un peu mal. Et je ne voudrais pas vexer ma souris.

06h42. Je suis quand même bien dans mon lit, à m'étirer le matin. Je fais craquer mon épaule baladeuse - j'ai une épaule qui ne tient pas en place, elle est insupportable, toujours à vouloir se rapprocher de la nuque ou s'éloigner des côtes. Je remet mes hanches en place. En fait je suis une épave humaine, mon corps le matin est un ramassis de muscles, de tendons et d'articulations incapables de fonctionner tant que je ne les ai pas soigneusement mis en route, avec amour, comme les voitures à manivelle d'avant. Si j'étais sportive et en pleine forme, ça se saurait, hein. Pas vrai le chat ?

07h02. Bon allez, debout. Ouvrir les stores et la fenêtre. Faire le lit. Réveiller Totor. Oui c'est mon ordinateur, Totor. En vrai il s'appelle Chicago, mais bon Totor c'est son petit nom. Faut pas confondre avec le boa constrictor que j'avais quand j'étais petite et que j'appelais Totor parce que "constrictor" j'avais un peu de mal à le dire. Tout ça me fait penser à "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors" - les amateurs de Fred Vargas apprécieront. Je suis amoureuse de Fred Vargas, enfin, plutôt de son écriture, la madame, je ne la connais pas. Bref.

07h04. Je relève mes e-mails. Quelques commentaires sur AmRhaps. Deux questions d'élèves, envoyées au milieu de la nuit, comme s'il était sage de travailler encore à ces heures quand on a un examen le lendemain. Du spam. Répondre aux élèves - heureusement les questions qu'ils se posent à une heure avancée de la nuit sont au niveau de mon cerveau embrumé au réveil.

07h15. Je m'empare de ma panoplie de TA[1] : jean, T-shirt pas trop décolleté, et direction la douche. Oui, avec des sous-vêtements aussi, ne soyez pas idiot le chat. Shampoing, douche, déodorant, crème hydratante, visage, crème hydratante - pour le visage, cette fois, le chat, ne soyez pas si obtus -, produit pour structurer (sic) mes boucles (re-sic, ne riez pas le chat!), un trait de crayon ocre sur les paupières, eye-liner, mascara. Ca me donne peut-être l'air d'avoir vingt-six ans, mais au moins mes élèves ne me soupçonnent pas d'être plus jeune que la majorité d'entre eux.

07h35. Cuisine. J'ouvre la porte, dis bonjour à la plante verte, il fait frais, c'est agréable. 21°C selon Totor. Cafetière, eau, café, fermer, plaque électrique. Réfrigirateur, jus de pamplemousse, yaourt. Fruits, peler, couper. Eteindre la plaque électrique. Céréales. Verser le café. Direction ma chambre.

07h45. J'ai encore oublié mon pyjama dans la salle de bains. Je vais le chercher. En profite pour laver mes lunettes au passage.  Roublie mon pyjama. Retourne le chercher. Il est temps que j'avale ce petit-déjeuner. Ce que je fais, en bonne geekette, en relevant les dernières nouvelles du monde sur mon ordinateur. Il fait déjà 29°C.

08h18. Il est temps de me préparer à partir. J'enfourne mon ordinateur dans un sac en bandoulière, le manuel, ma pochette et une veste dans mon sac à dos. Prépare Popaul et ses écouteurs. De même que Totor est un ordinateur, Popaul est un iPod, c'est quand même pas bien compliqué. Dernier passage aux toilettes, brossage de dents, crème solaire, vaisselle.

08h30. Allez zou. Je mets ma montre, enfile la bague de fiançailles de mon arrière-grand-mère, charge le sac à dos sur mon dos et le sac bandoulière en bandoulière, il est des jours où mon originalité m'affolerait presque. Bataille pendant quelques secondes avec les écouteurs de Popaul, car j'ai clairement un problème psycho-moteur quand il s'agit de mettre des écouteurs sur mes oreilles - oui, et aussi dans les descentes pentues, mais c'est une autre histoire.

08h50. J'arrive dans ma salle. Huit rangées de tables noires, ces petites tables avec chaises attachées, le tout en plastique et d'un inconfort notoire. Pas de fenêtre. Un tableau blanc immense, un rétroprojecteur au plafond et une énorme console de contrôle. Un pupitre sur l'estrade. Affolés par l'idée de leur examen, beaucoup d'élèves sont déjà là. La prof est en train de les faire s'asseoir de façon plus espacée.

09h00. L'examen commence. Les premiers retardataires hâtent le pas dans le couloir.

09h05. Presque affalée sur le pupitre, j'ai déjà compté quatre fois les élèves, donné des énoncés à trois retardataires, et je commence à comprendre que les quatre-vingt cinq prochaines minutes vont être longues. Pendant une heure et demie, je réponds à quelques questions sur l'énoncé, surveille, surveille, et surveille encore, marche en long et en large, échange quelques mots avec la prof, ramasse des copies. J'ai enfilé ma veste à 9h45 et je grelotte depuis 10h15.

10h45. Le cours reprend après quinze minutes de pause. Les élèves sont en forme, beaucoup plus alertes que d'habitude - la pression retombe... Pour une fois, ils participent activement en classe. Moi, je commence à lire leurs devoirs à la maison - non sans une certaine stupéfaction face à la capacité de certains à comprendre à côté de la plaque. Non le chat, je ne parle pas de vous, ne soyez-pas si susceptible.

11h30
. La prof décide d'écourter le cours. Nous discutons un peu du devoir à la maison, de la façon dont je dois le noter. Et prenons rendez-vous pour le lendemain 10h pour corriger l'examen. Une correctrice est en moi, je le sens, je le sais. Et puis de toute façon cette saleté de test de Belbin dit que je suis une finisseuse, mais pas au sens mafieux du terme, au sens petit et bas, au sens de la chieuse perfectioniste qui enquiquine ses collègues et n'est jamais satisfaite de leur travail. Il a pas vraiment tort, Belbin, dans l'affaire, mais je tiens à préciser que quand mes collègues en foutent plus qu'une demi queue de prune, j'arrive assez souvent à apprécier leur travail. Perfectioniste anxieuse, mais pas aigrie non plus, faudrait pas confondre, le chat, vous m'entendez. Finisseuse, donc, correctrice, pouf pouf, ma vie en est éclairée, c'est pas rien de le dire. Menfin... J'ôte courageusement ma veste, remballe mes affaires, et prends la direction du soleil et de mon chez moi.

12h00. J'arrive chez moi en nage. Il fait 32°C à l'ombre et il n'y a pas d'ombre, et les poids combinés de l'ordinateur dont je me suis à peine servie aujourd'hui, du manuel de mille cent pages, et des quarante-cinq copies n'arrangent pas l'affaire. Je me déleste du tout avec délectation, troque mon jean pour un short, prépare le déjeuner, déjeune.

12h30. Et la saga des corrections peut commencer. Classer les copies par ordre alphabétique, ouvrir le fichier de notes et attribuer un 0 à chaque problème pour tous ceux qui n'ont pas rendu leur devoir, sortir les post-it, un stylo bleu. Personne n'écrit en bleu ici, alors le bleu ou le vert, c'est idéal pour les copies. Choisir l'ordre dans lequel je corrigerai les problèmes. Me lancer.

16h30
. J'ai corrigé deux problèmes, fait une énorme pause, repéré un sacré nombre de devoirs similaires. C'est à ça que me servent les post-it. A noter sur une copie à laquelle elle me semble étrangement ressembler. Et je m'étonne toujours autant de la facilité avec laquelle les élèves éludent une partie de l'énoncé ou le comprennent de travers. C'est là-dessus qu'ils perdent le maximum de points, pas vraiment sur de la compréhension au fond. C'est vraiment regrettable. Et puis, il faut dire que ceux qui suivent les cours d'été, ce sont soit des élèves proches du diplôme et à qui il manquait quelques cours pour l'avoir en juin avec les copains, soit des élèves doués qui veulent faire les choses plus vite. Et ça se voit. Une de mes meilleures élèves est à la fac depuis même pas un an.

17h00. Je descends prendre le courrier, me dégourdir les jambes. Je ne peux plus voir ces copies en peinture. En remontant, je m'attelle plutôt à mon article. Je fais surtout de la mise en forme, mon cerveau marche au ralenti. Une autre pause, un peu plus tard.

18h30. Je m'y remets. Cette fois, je corrige trois problèmes en moins de deux heures. "Ca, ça va épater le chat". Il faut dire que ce sont les plus facile à noter.

20h20. Je ne sais pas si j'ai faim, mais je n'ai plus très envie d'entendre parler d'IA, et surtout, j'ai envie d'écrire. Tiens donc...

21h00. Il serait peut-être temps que je fasse à dîner, là, et que j'arrête de penser à mes copies ? Ou aux nouvelles qui m'attendent demain matin ? Hein, qu'en pensez-vous, le chat ?

[1] Teaching Assistant, vague équivalent du chargé de TD français. Mon job quoi.

Improvisé par Krazy Kitty à 21:01 in A Day At School
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17 août 2006

175 - OMG*

* Oh My God (et comme dirait Douglas Adam, "Who is this God person anyway?").

J'ai dans ma classe, deux garçons d'origine asiatique, dont le prénom est Tsz.

Pas un, mais deux.

Heureusement, l'un d'entre eux se fait appeler Steven pour simplifier les choses.

Sinon, j'ai commencé à corriger mes copies et je me marre bien, entre le mec qui répond "Yeah." à une question qui demande une réponse détaillée, la copie limite lamentable du petit malin qui se vantait la dernière fois devant ses copains que le sujet était hyper facile et qu'il l'avait bouclé en une heure, le mec qui écrit "space complexity is pretty boring" après avoir répondu totalement à côté de la plaque, ou celui qui se débrouille pour pondre une réponse d'une page et demie à une question dont la réponse appelle environ trois lignes en rédigeant bien, et ce sans utiliser une seule fois les bons arguments...

Et je déteste les gens qui ont trop la flemme de mettre un trombone ou une agraphe pour attacher ensemble toutes les feuilles de leur copie. Encore plus quand ils ne marquent même pas leur nom sur toutes les pages.

Improvisé par Krazy Kitty à 13:15 in A Day At School
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16 août 2006

174 - Diversité / Diversity

Donc, j'ai commencé à enseigner. La plupart du temps je me ronge les sangs à me demander si je connais vraiment le sujet mieux que les bisounours, et si je suis réellement qualifiée pour le boulot... et puis ils viennent poser leurs questions naïves que je peux y répondre, et je me sens surpuissante - et on ne sous-estime pas la capacité de comprendre une recherche bidirectionnelle, merci.

J'ai quarante-neuf élèves, et ils sont comme dans toutes les classes, le petit dur, la fille timide, les bûcheurs, la saleté...

Il y a quelques petots malins qui pensent qu'il ont mieux à faire que de venir en classe ou d'assister à mes TD - et qui se retrouvent à me poser des questions stupides par mail à vingt-quatre heures de la date limite pour leur devoir.

Quelques fûtés au premier rang, toujours à répondre aux questions, prendre des notes et avoir l'air de comprendre toutes les profondes subtilités qui se cachent derrière mes paroles - même quand je viens de dire que le cours est fini s'il n'y a plus de question.

La fille timide et gentille, qui a décidément bien du mal à surmonter le fait de m'avoir prise pour une élève lors du premier cours, et qui réfléchit pendant cinq minutes pour savoir si elle va la poser, sa question.

Quelques bons vrais geek du terroir aussi, qui prennent des notes sur leur portable et programment pendant les cours - hmm, comment ça, c'est ce que je fais en général ?

La fashionista, dont les talons hauts, les jupes courtes et les décolletés plongeants me plongent dans la perplexité tout autant que l'admiration : non seulement elle arrive à marcher avec ça, mais en plus elle a le courage de s'habiller comme ça pour allerr en cours, chaque jour, dans des classes pleines de jeunes mâles frustrés ? Je me sens un peu désolée pour elle aussi, parce que son visage est un peu disgrâcieux, et que mettre ainsi son corps en valeur doit être sa façon de se sentir en confiance...

Tout plein de garçons timides, probablement encore plus terrorisés par le fait d'avoir des profs de sexe féminin, profondément passionnés par leurs notes dès qu'on pose une question - serait-ce "est-ce que quelqu'un a une question ?".

Et ce garçon muet, qui vient poser des questions après le cours avec son air à moitié désespéré, et qui donne l'impression qu'on a illuminé sa journée quand vous avez, tout d'abord, compris sa question (et je le proclame ici haut et fort, j'ai beau être la petite française de service, je suis capable de comprendre un mec muet quand il parle en anglais, et c'est pas gagné d'avance), deuxièmement, répondu à ladite question en parlant suffisamment clairement pour sa prothèse auditive, et troisièmement, réussi à lui donner quelques éclaircissement sur la question qui le torturait.

Et il y a aussi la grande différence avec la France : les devoirs et examens rendus écrits au crayon. Je serais en France, ça passerait direct à la poubelle et je ferais un scandale du genre "de qui se moque-t-on", mais bon, à Rome fais comme les Romains.

So, I've started teaching. It feels so odd, sometimes, because I wonder if I really know the material more than the kids and if I'm really skilled enough for the job... But then they ask their questions and I can answer them, and I feel so powerful - never underestimate the ability to understand bidirectional search.

I've got forty-nine students, and they are like every classes, the bad ass, the shy girl, the hard workers, the bitchy one...

There are a couple of smart asses who think they know better than coming to class or attending my discussion - and who end by asking me silly question by e-mail twenty-four hours before the deadline for their homework.

Some smart kids in the first row, always answering the questions, taking notes and looking as if they had the deepest understanding of the subtleties of the matter - even when you say that you dismiss the class given that they aren't anymore questions.

This shy and nice girl, who definitely has a hard time overcoming the fact she mistook me for a student on the first class, and takes something like five minutes to ponder if she is going to ask this question or not.

A couple of total geeks, too, taking notes on their laptops and programming during classes - oh, wait, do I use to do the same?

The fashionista, whose high heels, short skirts and deep cleavages amaze me - I'm all like, wait, she can walk in those, and moreover she dares wearing that in her everyday school attendance in classes full of frustated boys? I also feel a bit sorry for her, for she has this not so pretty face, and I assume this is the way she found to enhance her self-confidence.

A whole lot of shy guys, probably even more scared by their female teachers, always deeply passionate by their notes when you ask a question - even if you're asking if anybody has a question.

And the deaf guy, who comes to ask question after class with this half desperate look of his, and who looks like you have enlightened his day when you have, first, understood his question (and I exclaim it here, folks, I might be a frenchie, but I'm able to understand a deaf person speaking in English, and that's quite a deal), second, answered by speaking distinctly enough for his hearing device, and third, given him some insight on the question that seemed to be torturing him.

And there are also the big difference with France: the homeworks or exams written in pencil. I'd discard that right away and make a real fuss about it in class if in France. It seems so unfinished and drafty and dirty it's almost offensive to me. But this is the way it goes here, and when in Roma, do as the Roman do...

Improvisé par Krazy Kitty à 17:44 in A Day At School
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