Krazy Kitty en Californie

27 novembre 2006

240 - Les titres, de toute façon, c'est démodé

Jeudi 23 novembre 2006 (Thanksgiving).
Intérieur nuit.[1]

Dix-huit heures. Après l'apéro (léger), les convives s'attablent autour de deux tables disposées dans la longueur du salon, occupant presque tout l'espace. Chaises et vaisselle sont pour le moins hétéroclites[2].

Quatre Espagnols, deux Américains, deux Turcs, un Brésilien, un Indien, une Coréenne, une Française (moi) et un Franco-Hispano-Américain.

L'AMERICAINE, levant son verre
Happy Thanksgiving!
Joyeux Thanksgiving !


L'assemblée rit, tout le monde lève son verre, trinque avec ses voisins.

QUELQU'UN
Only two Americans here...
Il y a seulement deux Américains ici...

LA TURQUE, à la Française
Two? I thought you were americanized.
Deux ? Je croyais que tu étais naturalisée Américaine.

LA FRANCAISE, surprise
No, not at all!
Non, pas du tout !

LE FRANCO-HISPANO-AMERICAIN
Oh, you're French? I'm French, too.
Oh, tu es française ? Je suis français aussi.

L'ESPAGNOLE (sa femme)
Well, you have the three passports, France, Spain, USA.
Bon, tu as les trois passeports, France, Espagne, Etats-Unis.

LA FRANCAISE
Oh, waow.

LE FRANCO-HISPANO-AMERICAIN
So, how come you're French?
Alors, comment ça se fait que tu sois française ?

LA FRANCAISE, interloquée
... I guess I don't know any better...
... J'imagine que je n'ai rien trouvé de mieux...

L'assistance rit, la Française réalise plus précisément ce qu'on lui demande.

LA FRANCAISE, après un temps
...born in France, from French parents... 
...née en France de parents français...

C'est bien la première fois qu'on me demande comment ça se fait que je sois française. Je ne m'étais d'ailleurs jamais posé la question.

[1] J'ai toujours rêvé d'écrire « Intérieur nuit » quelque part.

[2] Quand l'hiver éclate...

Improvisé par Krazy Kitty à 18:46 in
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239 - Let it snow, let it snow, let it snow.

Je n'aime pas faire les magasins.

Je hais les magasins quand il y a foule.

Je déteste faire les magasins quand la saison du shopping de Noël vient d'ouvrir officiellement (suite à Thanksgiving), que tout le monde se précipite sur les bonnes affaires et que les vendeurs sont affublés de ridicules bonnets rouges et blancs.

J'abhorre piétiner dix minutes à un stand M.A.C. [1] où je sais exactement ce que je viens chercher [2], parce qu'une nuée de nanas se fait repoudrer le bout du nez, présenter toutes les couleurs disponibles en ombre à paupière, ou préfère papoter que de chercher sa carte bancaire dans le foutoir qui lui sert de sac.

Du coup, je vous laisse imaginer le plaisir de passer le samedi après midi au centre commercial [3], dans un coin où les gens ont tellement d'argent qu'il y a un seul magasin qui vende une qualité pas trop dégueu à des prix relativements abordables [4], avec un blondinet qui a commencé à râler avant même de garer sa voiture, à la recherche du Saint-Graal, à savoir un manteau suffisamment chaud pour survivre à deux semaines en France en décembre, taille S (si vous avez déjà cherché du 44 femmes chez Zara, c'est aussi facile à trouver, d'ailleurs Zara commence au M pour les hommes), dont les manches ne soient pas trop longues (critère encore indéfini mais indiscutable, permettant de rejeter sans plus de discussion n'importe quelle pièce), qui ne soit pas trop épais (histoire de ne pas avoir l'air d'avoir doublé de volume, soit), et qui ne fasse pas un trou trop irréparrable dans le compte en banque. Evidemment le seul qui lui allait n'était pas soldé. Bilan : un crayon kohl acheté en deux heures trente de shopping.   

Heureusement qu'il ya un RER direct de Roissy aux Halles dites, on va pouvoir lui acheter un manteau avant qu'il ne soit mort d'hypothermie.

[1] Une marque de produits de beauté

[2] En l'occurence un crayon kohl Prunella

[3] Et à South Coast Plaza

[4] Je parle de Macy's et je me demande encore s'il faut en rire ou en pleurer.

Improvisé par Krazy Kitty à 09:11 in Stormy Weather
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