Krazy Kitty en Californie
31 octobre 2006
219 - Espèce de courge
Comme nous le savons tous, aujourd'hui, c'est Halloween.
Boo!
Ca, c'est fait.
Comme il est hors de question que je m'apesantisse sur les déguisements plus que douteux qu'arborent les demoiselles en cette saison (d'aucuns n'hésiteraient pas à parler de putasserie, mais je suis polie, moi, jeunes gens) [1], je m'en vas vous expliquer comment faire une tarte à la citrouille, pardon, au potiron. Le dessert est parfaitement de saison, en plus c'est bon et y a pire pour la santé.
Cette recette est réalisée en partenariat avec TJ, le magasin (dont il faudra que je vous parle vraiment un jour) où on peut acheter des produits de qualité pour pas trop cher. Par partenariat, j'entends qu'une majorité écrasante des ingrédients ont été achetés chez eux.
La veille au soir :
Déplacer le fond de pâte brisée de chez TJ (ou autre) du congélateur au réfrigirateur. Ou faire une pâte brisée et la laisser reposer au réfrigirateur, je suis pas comme ça moi.
Le matin même :
Sortir du réfrigirateur la pâte brisée, la boîte d'oeufs et la crème fraîche. Sortir trois oeufs de la boîte, ranger la boîte.
Sortir du placard du bas le grand saladier, le poser près de l'évier.
Prendre dans les tiroirs les mesures (ou un verre gradué), un fouet (gardez vos réflexions sado-masochistes pour vous, merci), quelques cuillères, l'ouvre-boîte, le plat à tartes.
Prendre dans le placard du haut la farine, le sucre roux et le sel.
Se référer à la recette pour choisir les épices : cannelle, noix de muscade rapée, clous de girofle moulus, quatre-épices, gingembre en poudre. Le placard ne contenant ni clous de girofle, ni quatre-épices, se rabattre sur le mélange Pumpkin Pie Spices de TJ. Pester que les mélanges tout prêts, c'est pas le top.
Prendre une boîte de potiron en purée (de 425g, biologique, trois fois rien chez TJ).
Préchauffer le four à 450 F (230°C, thermostat 8 si vous avez le bonheur de vivre avec le système métrique).
Retourner à la recette, elle dit :
4 cuillères à café de cannelle
1/2 cuillère à café de noix de muscade rapée
1/2 cuillère à café de quatre-épices
1/2 cuillère à café de clous de girofles moulu
2 cuillères à café de gingembre
(Une cuillère à café vaut une demi teaspoon, pour ceux qui chercheraient à convertir des recettes américaines, les malheureux).
Convertir au flair en ce qui se trouve sur le plan de travail, et balancer (lestement, mais sans en mettre partout) quatre cuillères à café de cannelle, une petite moitié de cuillère à café de noix de muscade rapée, une cuillère à café de gingembre, et une bonne moitié de cuillère à café de mélange Pumpkin Pie Spices dans le saladier. Y ajouter une cuillère à café de sel.
Se dire que la prochaine fois, on parlera de pincées.
Ajouter une demi cup (soit environ 100 g, soit 12 cl) de sucre roux. Plus deux bonnes cuillères à soupe de farine. Mélanger le tout.
Ouvrir la boîte de purée de potiron, jeter le couvercle dans l'évier, verser le contenu dans le saladier, mélanger au fouet.
Casser méthodiquement les trois oeufs l'un après l'autre sur le bord du saladier, jeter les coquilles dans l'évier (bah faut bien que le broyeur serve), et le reste dans le saladier (si, si). Bien mélanger au fouet.
Ajouter un quart de cup (soit 6 cl, bien, vous suivez) de crème fraîche. La recette dit une cup entière, mais la recette, elle est crazy dans sa tête.
Fouetter jusqu'à ce que le mélange soit bien homogène.
Disposer la pâte brisée dans le plat, passer dix minutes à combler les fissures qui n'ont pas hésité à se former, et à gondoler le bord pour que ça fasse joli.
Verser le mélange sur la pâte. Utiliser une spatule pour en perdre le moins possible (ce serait sacrilège).
Enfourner.
Regarder l'heure.
Pendant dix minutes, faire la vaisselle, jeter la boîte et son couvercle (récupéré dans l'évier) dans la poubelle aluminium, en profiter pour laver la cafetière qui traîne, balayer un coup le plancher, remettre la crème fraîche au réfrigirateur (il serait temps, oui).
Enfin, baisser la température du four à 325 F (170 °C, thermostat 3).
Retourner à la rédaction d'une réponse aux reviewers pendant une bonne demi-heure. Sauter de sa chaise, courir dans la cuisine, ouvrir le four, prendre les gants, sortir la tarte du four, fermer le four, prendre un couteau, l'introduire au centre de la tarte, le ressortir. Si le couteau est sec, éteindre le four. Sinon, remettre la tarte au four pour quelques minutes, et répéter l'opération.
Laver le couteau.
Quand la tarte est à température ambiante, la démouler. (Bon courage). La recouvrir d'un film plastique (pour éviter qu'elle ne prenne les odeurs du réfrigirateur, la tarte au potiron à l'ail c'est pas top), la mettre au réfrigirateur.
La tarte au potiron se déguste en effet froide (croyez-moi, c'est bien meilleur).
Le soir même :
Au moment du dessert, présenter au blondinet son dessert préféré. Il aura les yeux brillants toute la soirée.

[1] J'avais prévu de me déguiser en Frenchie si nécessité était, et je me retrouve en T-shirt / Levi's / Converses. Ok, le T-shirt vient des Trois Belges. Bref. De toute façon, je suis cloîtrée chez moi.
Improvisé par Krazy Kitty à 21:28 in I'm a stranger here myself
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30 octobre 2006
218 - Comment j'ai trop une vie sociale
Je vous aurais bien raconté ça plus tôt, mais j'ai une vie tellement trépidante que j'ai pas eu le temps.
Non bon d'accord en vrai j'ai passé mon week-end à samedi, célébrer dignement cette première année avec mon blondinet, et dimanche, faire tout ce que les festivités du samedi m'avaient empêchées de faire, comme de faire les courses [1] ou de combattre l'attaque bio-chimique à l'ail lancée par ma coloc chinoise dans l'appartement [2].
Bref, tout ça pour dire que vendredi soir, je suis sortie. Dans un bar. Avec des gens. Et même que j'ai joué au billard. Et que, merguez sur le couscous, j'ai parlé français.
Donc, c'était avec les gens de Vivre en OC [fr] (coucou les gens !), c'était dans un bar qui ressemblait à un vrai bar avec des tables et des gens et des tables de billard et de la lumière et de la musique pas pourrite, et c'était chouette. J'ai un peu mélangé mon anglais et mon français parfois, j'ai joué encore plus mal que d'habitude, mais j'ai passé une soirée super chouette avec des gens qui étaient là pour autre chose que se saouler la gueule et en tirer le courage nécessaire pour effectuer de lamentables tentatives de drague sur tout représentant de la gent qui les intéresse. Même que les filles étaient habillées avec des pantalons qui laissaient pas voir la moitié de leurs sous-vêtements (je parle des filles françaises, là, pas des serveuses, faut pas rêver non plus).
Le tout suite à un commentaire laissé par Claire sur cette note. Et donc, merci Claire !
*Edit* Ainsi que suggéré par Claire, vous pouvez jouer à « Trouvez Charlie Krazy Kitty » ici. Enfin c'est pas dit que ça vaille le coup.
[1] Je rappelle aux mauvais élèves au fond de la classe que les magasins sont aussi ouverts le dimanche ici
[2] Ici, ma recette infaillible pour lutter contre la coloc qui a profité que personne ne la surveillait pour faire frire de l'ail sans la moindre aération :
1 - Ouvrir grand portes et fenêtres, mettre la hotte en marche
2 - Allumer une bougie pomme-cannelle dans sa chambre
3 - Descendre les poubelles
4 - Eteindre la hotte, faire du caramel (ajouter quelques gouttes de jus de citron à l'eau, ça parfume encore plus)
5 - Enlever le caramel du feu avant qu'il ne brûle, sinon ça va pas arranger les choses
6 - Sortir puis rentrer, réaliser que l'air est toujours aussi peu respirable, gueuler un bon coup, avec d'autant plus d'efficacité que tout le monde a déserté la baraque
7 - Laver le sol avec une triple dose du produit à l'orange pour le sol
8 - Rincer le sol
9 - Passer le sol à l'eau vinaigrée (utiliser du vinaigre blanc, sinon c'est trop fort comme odeur). Ne pas s'apesantir outre mesure sur l'idée que c'est la technique familiale ultime pour lutter contre l'odeur d'urine de chien qui s'est oublié dans l'appartement. Parce que ça marche, et c'est ce qui compte.
Improvisé par Krazy Kitty à 12:31 in It's wonderful
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27 octobre 2006
217 - En robe blanche
Bande-son : J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main, Georges Brassens.
Je ne sais pas pourquoi j'éprouve ainsi le besoin de le dire aujourd'hui.
Probablement face à l'hypocrysie ambiante et à la pathétique mais oh combien courante quête féminine non pas d'un homme dont on soit amoureuse mais d'un homme dont on puisse faire un mari. Ce qui n'est pas exactement la même chose à mon sens.
Ce n'est même pas pour faire débat. Dans le sens, tout du moins, où chacun fait ce qu'il veut, à condition de me laisser moi aussi faire ce que moi je désire sur le sujet.
Ceux qui ne seront pas d'accord avec moi pourront toujours se dire que j'ai été élevée en grande partie par une mère célibataire (même si « mariée et séparée »), avec un père souvent absent (même si je bénéficiais de toute son attention lorsque je le voyais, ce qui est plus que ce dont peuvent se targuer beaucoup d'enfants dont le père est pourtant présent au quotidien, mais je m'égare), et que ceci explique cela.
Ce n'est pas non plus par esprit de contradiction avec la majorité des hommes que je fréquente. Je vous assure. Je trouve juste ironique d'inverser à ce point le cliché.
Vous pouvez m'accusez de pousser l'anti-traditionalisme trop loin. D'avoir peur de m'engager. De ne pas être capable de prouver mon amour. Vous pouvez même supposer que je changerai d'avis avec l'âge.
Mais la vraie raison pour laquelle je ne crois pas au mariage, c'est que je veux être sûre que ce n'est pas à cause d'une signature apposée par le passé en bas d'un document, à cause d'une photo de lui en costume et de moi en robe blanche, à cause d'une plaque sur la boîte aux lettres qui annonce un seul nom pour nos deux prénoms (et ceux d'éventuels bambins) que le même homme se réveille à mes côtés chaque matin.
Note: Oui, je sais qu'on peut se marier et garder chacun son nom. C'est un autre débat.
Improvisé par Krazy Kitty à 12:01 in All of Me
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26 octobre 2006
216 - Un cauchemar de festivités
Avant, il y avait la sainte trinité Noël - Nouvel an - Anniversaire. C'était généralement assez simple : Noël et Nouvel an là où se trouvait la famille, anniversaire là où je me trouvais.
Avant, je me plaignais de Noël : il fallait le passer en famille, laquelle serait déprimée à cette idée et passerait plus de temps à se lamenter sur l'absence des absents (aussi bien les impardonnables déserteurs que les inévitables décédés) ; il fallait être heureuse à tout prix, passer des heures dans la cohue des magasins en regardant s'étioler son maigre budget et sa patience, supporter des dégoulinades de bons sentiments tout droit échappées de clichés américains.
Mais depuis, je suis partie aux Etats-Unis. Et la trinité s'est muée en un cauchemardesque pentateuque. Car le tout est maintenant annoncé par Halloween et Thanksgiving. Et Noël est devenu une subtile équation à équilibrer. Il faut prendre en compte les impératifs étudianto-professionels, qui ne se gêneront pas pour empiéter sur mes trois semaines de congés officiels. Il faut choisir un lieu, et une durée.
Emmener le blondinet en France ? Avec plaisir, surtout depuis que j'ai trouvé un canapé-lit parisien qui nous accueillerait, mais encore faut-il que nos finances (enfin les siennes, moi j'ai ma petite mère pour me payer un billet d'avion vers elle) s'y prêtent. Sans parler du casse-tête que représente d'amener dans ma famille (majoritairement non anglophone) un Américain qui ne baragouine que quelques mots de français.
Aller dans la famille du blondinet ? Lui-même déchante à l'idée de passer plus que trois jours dans la neige pennsylvanienne. Ou alors, partir à New York (sous condition d'y trouver où se loger) et de là ne se rendre chez ses parents que pour Noël même. Mais là, c'est mes parents qui vont sacrément faire la gueule.
On pourrait aussi aller à San Francisco, au Pérou ou en Haïti, afin de ne favoriser personne.
Ou alors, on pourrait rayer Noël du calendrier et ne pas prendre de vacances. Du tout. Et ça, c'est une idée qu'elle me paraît bonne.
Reste Thanksgiving à organiser avec des amis : qui, où, comment ? L'année dernière était formidable, mais je ne suis pas sûre de vouloir encore une fois passer quatorze heures à cuisiner pour dix.
Le nouvel an ? Haha, le nouvel an. Mais le nouvel an, je ne veux même pas y penser ! Fêter ça encore une fois sur le campus, au risque de finir par vomir les quelques personnes que je vois tout le temps ? Avec les amis du blondinet, comme l'an dernier, en espérant être désormais suffisamment armée linguistiquement parlant pour leur faire passer ce goût qui leur vient avec le champagne pour les blagues libidineuses sur la petite française ? Avec mon oncle, sa femme, et les jumeaux (tout le monde au lit à vingt-deux heures) ?
Et mon anniversaire par là-dessus ? Mais qui aura encore envie de faire la fête une semaine après le nouvel an, le premier week-end après la reprise du boulot ? Qui aura encore de l'argent à dépenser pour mes vingt-deux ans ? Qui aura envie de se traîner hors de chez soi dans le froid de janvier ? (Ah on me signale que l'an dernier la température le jour de mon anniversaire donnait envie d'aller à la plage, fichue Californie du Sud)
Heureusement, le sort d'Halloween est réglé, car samedi cela fera un an que je me suis échappée d'une fête triste à pleurer [1] avec le blondinet. Autant dire que j'ai autre chose en tête que d'admirer les déguisements d'infirmières, d'écolières ou autres lapins de demoiselles en mal d'amour ou que trouver une raison approuvable de ne pas regarder de film d'horreur.
[1] costumée, alcoolisée, mais sans aucune lumière ni musique, dont le but était apparemment de se saouler jusqu'à trouver acceptable quelqu'un d'aussi ivre que soi et tenter quand bien que mal d'entreprendre une relation charnelle avec cette personne
Improvisé par Krazy Kitty à 13:06 in All of Me
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25 octobre 2006
215 - Où l'on ne parlera pas de politique
Et où l'on se contentera d'inciter les lecteurs anglophones qui ne savent pas trop de quoi il retourne avec ces élections du 7 novembre à lire cet article sur Lick the Light Switch[1], qui a à mon sens le mérite de présenter les choses assez clairement et de pas rentrer dans les détails[2].
Et où l'on signalera au passage que GOP signifie Grand Old Party, à savoir, le parti républicain.
[1] Pourquoi je lis les blogs de planet-debian alors que je n'ai pas de Debian ? Pour les articles qui ne parlent pas de Debian, voyons.
[2] Pour ceux qui veulent des détails, je vous laisse vous débrouiller au hasard avec les mots suivants : avortement, South Dakota. Ou proposition 85, Californie. Ce n'est pas de la politique[3], c'est mon côté fille de militante anti-avortement qui ressort.
[3] Souffleur de Brume, je sais, j'ai utilisé le mot alors que j'avais promis de ne pas en parler.
Improvisé par Krazy Kitty à 08:36 in I'm a stranger here myself
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24 octobre 2006
214 - Comment avoir le mal du pays en dix leçons
1. Réalisez que la dernière fois que vous avez parlé français (pas écrit, non, parlé) était au téléphone il y a dix jours, la dernière fois que vous avez appelé votre petite maman.
2. Sentez les larmes monter à vos yeux au rayon boucherie parce que
voir du gigot d'agneau vous fait penser à l'agneau de Sisteron (et à
l'abattoir en bas de chez vous).
3. Soyez incapable de donner le prix exact du ticket de métro parisien,
parce que ça fait trop longtemps que vous ne l'avez pas utilisé.
4. Faites un tour sur vos blogs préférés, laissez trois commentaires
débiles, réalisez qu'il s'agit là de votre plus fidèle fenêtre sur la
France (avec le site de libé tant qu'il est encore gratuit), insistez
lourdement sur l'aspect pathétique de la chose.
5. Allez faire les magasins. Tombez sur des sous-vêtements en tailles
européennes. Veillez à être obligée de faire la conversion depuis la
taille américaine que vous savez porter.
6. Demandez-vous à quelle heure le soleil peut bien se coucher dans votre ville natale. Posez la question à votre maman parce que vous n'avez plus aucune idée de ce à quoi ça ressemble l'automne, en Bas-Alpie.
7. Rêvez que votre blondinet parle parfaitement français.
8. Cherchez à traduire « Don't beat yourself up » en français,
alors que cette expression « fait parfaitement sens » dans votre
esprit. Profitez-en pour chercher une traduction de « perfectly makes sense ». Echouez lamentablement. De dépit continuez à vous battre vous-même vers le haut.
9. Recevez les photos du mariage d'un de vos amis. Appesantissez-vous
sur le fait que vous n'avez jamais eu l'occasion de rencontrer sa
femme, parce que vous ne l'avez pas vu, lui, depuis plus de deux ans.
Admirez, outre sa prestance dans un costume, tous ces gens que vous
connaissez réunis pour l'occasion. Réalisez que la vie continue,
là-bas, sans vous.
10. Enfin, veillez à vous entourez de gens prévenants qui ne manqueront pas de vous demander de temps à autre si votre pays ne vous manque pas trop.
Bonus : Afin de pouvoir continuer à pratiquer longtemps (c'est-à-dire sans sauter dans le premier avion pour Paris), assurez-vous de communiquer sur place et à distance avec quelques personnes adorables et / ou optimistes. Ayez aussi un papa télépathe qui vous appelle très peu mais toujours quand vous avez le plus besoin d'entendre sa voix.
A tous ceux à qui j'ai virtuellement parlé récemment, par messagerie instantanée, par échange d'e-mails ou de commentaires bloguesques, merci. C'est grâce à vous que le moral reste bon.
Improvisé par Krazy Kitty à 18:29 in I'm a stranger here myself
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23 octobre 2006
213 - De cosmo qu't'on ?
Le titre et le sujet de cette note ne seront pas sans vous rapeller la série Isa'vaient qu'à faire mieux [1, 2 et 3] de Ménille Avénale.
Le numéro de novembre 2006 de Cosmopolitan (version américaine) recele de nombreux trésors. Je passerai sur l'article heureusement intitulé « What Falling in Love Feels Like for Him » (« Comment ça fait de tomber amoureux pour lui », et le souligné n'est pas de moi), parce que bon j'espère que c'est un peu pas toujours la même chose pour chaque être humain de sexe masculin, sinon sortez les cartes tout de suite je préfère faire un poker. Ou un tarot. Bref.
Non, voilà l'article qui m'a fait dresser les cheveux sur la tête d'horreur. Intitulé « Things Guys Just Don't Want to Know About You », sous-titré « How to keep the bond strong ». Autrement dit, « Les chose que les mecs ne veulent pas savoir à votre sujet », sous-titré « Comment garder une relation forte ». Bon les loulous à partir de maintenant je vais vous la jouer en V.F., hein. D'ailleurs la V.O. est ici.
Le truc donc sensé vous éviter les mille et un piège qui vont détourner de vous à jamais l'être aimé le mâle.
1. Vos faiblesses
Si vous êtes avec lui pendant suffisamment longtemps, il les découvrira de lui-même.
Apparemment, les mecs qui aiment qu'une femme leur confie d'elle-même ses faiblesses à partir du moment où ils se sentent engagés dans une relation avec elle, ceux qui sont blessés si elle essaie à tout prix de lui dissimuler ses travers, ceux qui sont fiers d'être le dépositaire de ses confessions, bah c'est pas des mecs, c'est des extra-terrestres.
Je savais bien que quelque chose clochait avec mes ex (sans parler du blondinet, champion toutes catégories du « Dis-moi tout »).
2. A quel point vous êtes fatiguée
Vous plaindre de votre fatigue vous fait juste paraître geignarde.
Oui enfin y a une différence entre dire qu'on est fatiguée et s'en plaindre pendant trois heures. Parce que bon, si vous faites bonne mine jusqu'à la fin du dinner pour ensuite vous effondrer sans prévenir, ça risque de pas lui plaire, à votre gaillard.
4. Votre choix de produits d'hygiène féminine
La plupart des mecs utilisent les mots tampon et serviette de façon interchangeable et sont bien heureux de ne pas connaître la différence.
La plupart des mecs sont des cons incultes donc.
Sans non plus vouloir me répandre en détails sur les affres de la féminité, il est hors de question que j'agisse en catimini une semaine sur quatre, me refusant à prononcer le mot « règles », dissimulant mes serviettes hygiéniques, rougissant si un tampon s'échappe du sac d'une dame... Si monsieur ne peut pas vivre avec l'idée de règles, je lui suggère de ne pas vivre avec une femme : c'est inséparable.
(Et au passage je me plie au thème de la semaine de Deadly Breakfast...)
8. A quel point vous êtes intelligente
Il n'y a pas de meilleure illustration de publicité mensongère que quelqu'un scrutant au-dessus d'un examplaire de Crimes et Châtiments dans un café* bondé.
Là d'accord j'ai vu rouge. J'aurais pas du bazarder le cosmo contre le mur en le traitant de vil ramassis de facho machiste et de concentré de bovin libidineux. J'aurais pas du.
Mais c'est pas parce que je me crois intelligente que je lis Dostoïevski, c'est parce que ça me plait. Alors, oui, quand j'ai lu Crimes et Châtiments, je l'ai lu dans le métro, à des terrasses de café, à mes pauses déjeuners si je les passais toute seule, et même dans une gare.
Je me suis fait aborder par un mec gentil mais un peu lourd, d'ailleurs, dans cette gare, avec Mais que va-t-il devenir, ce garçon (un Heinrich Böll même pas dans le texte, rendez-vous compte, enfin si j'étais capable de lire l'allemand dans le texte comme le prétend mon diplôme, ça se saurait).
J'ai dragué le premier garçon dont j'ai vraiment été amoureuse à coups (figuratifs, heureusement) de bouquins. Et de maths, et de quelques autres trucs aussi, même si au final on ne sait jamais vraiment ce qui a été déclencheur.
Alors je suis sensée comprendre quoi, là ? Que c'est pas possible que j'aime Dostoïevski ? Que c'est pas possible que je sois une fille ? Que c'est pas possible que mes petits amis successifs aient apprécié (apprécient) mon côté intello ?
Avant Cosmo, la passion honteuse pour les femmes, c'était la masturbation. Maintenant, c'est la lecture. Ca c'est du féminisme, merci Cosmo.
Par là-dessus, dans un autre article (« Baffling Male Behavior - Explained » : « Les comportements masculins déroutants en dix leçons »), Cosmo dresse une liste des comportements masculins surprenants.
Parmi lesquels :
- dépenser plus facilement de l'argent pour du matériel électronique de qualité que pour des vêtements ;
- avoir du mal à se séparer de ses vieux vêtements ;
- ranger par piles ;
- lire aux toilettes.
Ah ouais en fait c'est pour ça que je ne comprends rien à Cosmo : en vrai, j'ai une nature profonde de mec.
Heureusement que je ne le paie pas, mon Cosmo.
* mis ici pour traduire « coffee shop »
Improvisé par Krazy Kitty à 18:52 in Stormy Weather
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22 octobre 2006
212 - Souveraine déchue
Alors j'ai vu Marie-Antoinette.
Le film de Sofia Coppola, hein.
Bon ben depuis le temps que tout le monde me le vantait, que je lisais des critiques enchanteresses à son sujet, et que je savais que c'était par la réalisatrice de Virgin Suicides et Lost in Translation, j'ai été un peu déçue.
Evidemment Jason Schwartzman et Kirsten Dunst étaient très bien.
En fait, je crois que j'ai bien aimé les scènes, prises indépendamment les unes des autres, mais que j'ai trouvé le film un peu mal équilibré. Juste le sentiment d'avoir un peu été laissée sur ma faim. Il faut croire que mes livres d'histoire m'avaient donné une autre vision de Marie-Antoinette.
(Sans parler du fait que franchement ils auraient pu apprendre aux acteurs à prononcer les trois mots de français - ou d'anglais, selon les cas - qui leur incombent).
Improvisé par Krazy Kitty à 21:34 in All of Me
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21 octobre 2006
211 - Crise d'identité
Quand un Malgache m'écrit à propos d'un projet impliquant, sous la tutelle d'un laboratoire français et d'un laboratoire américain, lui-même, une Française, un Italo-Français, un Indo-Américain et un Sino-Américain, je cite, que tout n'est pas perdu pour la nation, l'envie est forte de répondre, laquelle ?
Sinon, le design actuel est en travaux, donc abstenez vous de commenter que c'est moche. Merci pour elle.
Improvisé par Krazy Kitty à 18:46 in A Day At School
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19 octobre 2006
210 - A vau l'eau
Oui bah je reste polie. Enfin j'essaie.
J'aimerais bien avoir tout plein de choses instructives à vous raconter sur les Etats-Unis, vu que c'est quand même une des raisons d'être de ce blog, mais l'inspiration est moyennement au rendez-vous.
En plus de ça en ce moment la maudite nature me rappelle que je suis une femme
et a décidé d'y mettre le volume et les crampes, alors que bon
m'habiller chaque matin devrait suffire à raviver le souvenir de ma
féminité si besoin était.
Et des choses paaaaassionantes mais indispensables à faire, j'en ai en masse.
Alors voilà : les élections de mi-mandat de novembre, ben je vais être franche, je m'en tamponne. Et surtout, j'y peux pas un pet.
Je me mets assez en colère avec les présidentielles françaises, et si les Américains en général et les Californiens en particulier n'ont pas le sentiment qu'un pays, c'est des gens qui vivent ensemble, en communauté, pas seulement des gens qui essaient par tous les moyens d'amasser du fric les uns à côté des autres, et si ils préfèrent aussi s'attaquer aux symptômes qu'aux causes (oui je parle de la peine de mort là, enfin, entre autres hein), bah c'est pas mon problème. Enfin si, mais je peux rien y faire, je suis une tanche en politique, à part avoir quelques opinions, je suis pas foutue de les défendre.
Ils peuvent se donner des grandes tapes dans le dos et se féliciter de leur suprématie sur le monde, tout en critiquant à fond les manettes les autres pays - je ne suis pas franchement heureuse de cette loi au sujet du génocide arménien mais quand on a chez soi un gouvernement qui s'enlise dans une guerre qu'il n'arrive même plus à faire semblant de justifier, on réfléchit à deux fois avant d'en déduire que tous les Français sont du genre à imposer leur vision des choses de façon totalitaire en passant des lois au sujet de ce que les gens sont autorisés à dire. On essaie de nuancer un peu, par exemple. Ou alors on s'offusque pas de se faire détester pour sa nationalité. Parce que bon, l'hôpital qui se fout de la charité bien ordonnée qui commence par soi-même, on balaie devant sa porte avant de s'attaquer au voisin, et autres casseroles qui traitent les bouilloires de blacks*. Et camembert, aussi. Na.
Donc, j'en étais où moi dans mes conneries ?
Ah oui, les élections de milieu de mandat. Ben vous voyez dans quel état ça me met d'en parler, je dis plein de gros mots et tout, alors dans la vraie vie, en anglais ça fait pas joli et après je lance les assiettes à la tête des invités sans même vérifier que c'est les moches de la coloc que j'aime pas. Et je sais pas si vous avez remarqué, mais les gens, ils ont l'esprit de contradiction, quand on attaque leurs opinions à coups d'assiettes même pas propres, ils ont tendance à se conforter dedans (dans les opinions, pas dans les assiettes crades, on parle de champions de l'hygiène là), du coup ça sert à rien. Et j'ai assez de quelques reviewers et de mes collègues pour entretenir mon futur ulcère à l'estomac, merci.
Donc la politique américaine n'est pas bienvenue sur ce blog, même si ça semblerait tout indiqué et que ça pourrait faire salon.
+ Que ma coloc que j'aime pas couche avec un mec marié qui a deux fois son âge, je m'en balance, mais si ils pouvaient arrêter de faire semblant de rien genre ouais ouais c'est super naturel qu'on débarque dans l'appart au milieu de la journée, qu'on s'enferme dans la chambre de la coloc (celle que j'aime pas, mais suivez un peu) avec la télé à fond sur n'importe quel programme en mettant un genre de tapis pour bloquer l'interstice sous la porte, et qu'après une heure de ce traitement y ait la douche qui coule... non parce que c'est un peu sordide quand même. Hein.
+ La version geek américaine du bien connu « Madame, c'est pas ma faute, mon chien il a mangé mon devoir », c'est « The dog ate the printout » (Le chien a mangé la sortie papier), et croyez-moi, j'ai bien envie de la coller dans la réponse au commentaire qui se fout manifestement de la gueule de mon article.
+ Des mises à jour (techniques ou pas) sur Cookie's Almost Seriout.
+ Mots-clés récents :
++ « Love de toi » (Oh ben c'est mignon)
++ Thomas avait raison cette note : ça m'a ramené le poétique « Pénétration vaginale adolescente » (il faudra être intime avec moi pour comprendre mon ravissement sans égal, mais je fais des références privates sur mon blog si je veux et si vous êtes pas contents je vous merde, vu comment ce billet était élégamment rédigé ça va même pas baisser le niveau de langage)
* « It's the pot calling the kettle black », « C'est la casserole qui dit que la bouilloire est noire », version anglaise du « C'est l'hôpital qui se moque de la charité ».
Improvisé par Krazy Kitty à 20:55 in Stormy Weather
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