Krazy Kitty en Californie
26 octobre 2006
216 - Un cauchemar de festivités
Avant, il y avait la sainte trinité Noël - Nouvel an - Anniversaire. C'était généralement assez simple : Noël et Nouvel an là où se trouvait la famille, anniversaire là où je me trouvais.
Avant, je me plaignais de Noël : il fallait le passer en famille, laquelle serait déprimée à cette idée et passerait plus de temps à se lamenter sur l'absence des absents (aussi bien les impardonnables déserteurs que les inévitables décédés) ; il fallait être heureuse à tout prix, passer des heures dans la cohue des magasins en regardant s'étioler son maigre budget et sa patience, supporter des dégoulinades de bons sentiments tout droit échappées de clichés américains.
Mais depuis, je suis partie aux Etats-Unis. Et la trinité s'est muée en un cauchemardesque pentateuque. Car le tout est maintenant annoncé par Halloween et Thanksgiving. Et Noël est devenu une subtile équation à équilibrer. Il faut prendre en compte les impératifs étudianto-professionels, qui ne se gêneront pas pour empiéter sur mes trois semaines de congés officiels. Il faut choisir un lieu, et une durée.
Emmener le blondinet en France ? Avec plaisir, surtout depuis que j'ai trouvé un canapé-lit parisien qui nous accueillerait, mais encore faut-il que nos finances (enfin les siennes, moi j'ai ma petite mère pour me payer un billet d'avion vers elle) s'y prêtent. Sans parler du casse-tête que représente d'amener dans ma famille (majoritairement non anglophone) un Américain qui ne baragouine que quelques mots de français.
Aller dans la famille du blondinet ? Lui-même déchante à l'idée de passer plus que trois jours dans la neige pennsylvanienne. Ou alors, partir à New York (sous condition d'y trouver où se loger) et de là ne se rendre chez ses parents que pour Noël même. Mais là, c'est mes parents qui vont sacrément faire la gueule.
On pourrait aussi aller à San Francisco, au Pérou ou en Haïti, afin de ne favoriser personne.
Ou alors, on pourrait rayer Noël du calendrier et ne pas prendre de vacances. Du tout. Et ça, c'est une idée qu'elle me paraît bonne.
Reste Thanksgiving à organiser avec des amis : qui, où, comment ? L'année dernière était formidable, mais je ne suis pas sûre de vouloir encore une fois passer quatorze heures à cuisiner pour dix.
Le nouvel an ? Haha, le nouvel an. Mais le nouvel an, je ne veux même pas y penser ! Fêter ça encore une fois sur le campus, au risque de finir par vomir les quelques personnes que je vois tout le temps ? Avec les amis du blondinet, comme l'an dernier, en espérant être désormais suffisamment armée linguistiquement parlant pour leur faire passer ce goût qui leur vient avec le champagne pour les blagues libidineuses sur la petite française ? Avec mon oncle, sa femme, et les jumeaux (tout le monde au lit à vingt-deux heures) ?
Et mon anniversaire par là-dessus ? Mais qui aura encore envie de faire la fête une semaine après le nouvel an, le premier week-end après la reprise du boulot ? Qui aura encore de l'argent à dépenser pour mes vingt-deux ans ? Qui aura envie de se traîner hors de chez soi dans le froid de janvier ? (Ah on me signale que l'an dernier la température le jour de mon anniversaire donnait envie d'aller à la plage, fichue Californie du Sud)
Heureusement, le sort d'Halloween est réglé, car samedi cela fera un an que je me suis échappée d'une fête triste à pleurer [1] avec le blondinet. Autant dire que j'ai autre chose en tête que d'admirer les déguisements d'infirmières, d'écolières ou autres lapins de demoiselles en mal d'amour ou que trouver une raison approuvable de ne pas regarder de film d'horreur.
[1] costumée, alcoolisée, mais sans aucune lumière ni musique, dont le but était apparemment de se saouler jusqu'à trouver acceptable quelqu'un d'aussi ivre que soi et tenter quand bien que mal d'entreprendre une relation charnelle avec cette personne
Improvisé par Krazy Kitty à 13:06 in All of Me
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