Krazy Kitty en Californie
31 août 2006
187 - En parlant d'éducation
Ce
n'est pas en classe que mon (tout à fait modeste) travail d'enseignante
est le plus difficile. En classe, j'ai des élèves qui sont là pour
apprendre (ou plutôt, ne nous leurrons pas, pour avoir une bonne note,
mais les deux étant étrangement corrélés, je me permets dans ma grande
naïveté de me laisser aller à faire l'amalgame), qui ont délibérément
choisi la matière, et qui sont décidés à faire de leur mieux. Si leur
mieux inclut de ne pas assister ni aux cours ni aux TD et de rendre des
copies à moitié blanches, ça m'allège la tâche.
Le paradis terrestre du prof, en quelque sorte.
Non,
le travail d'éducation le plus difficile que j'aie à entreprendre se
passe à la maison. Et non, je n'ai pas d'enfant en bas-âge (ni en
quelqu'âge que ce soit, d'ailleurs) ni de petit frère à charge. Mais
j'ai une coloc chinoise. Et le choc des cultures fait mal.
Exposons le problème.
Contexte :
La
coloc chinoise est bruyante. La coloc chinoise a accepté de garder sa
télé dans sa chambre plutôt que de l'installer au salon, mais elle met
le son à fond, même quand elle est sous la douche. La coloc chinoise
parle au téléphone très fort, en chinois, tout le temps. Par tout le
temps, j'entends en faisant la cuisine, en marchant de long en large
dans le couloir (quoi qu'il s'agirait plutôt de marcher de long en
long, vu que c'est un couloir, justement), en mangeant, en allant aux
toilettes... La coloc chinoise fait volontiers la vaisselle après
minuit à grands renforts de blims et de blams. Bref, la coloc chinoise
ne passe inaperçue que quand elle dort ou que son ami est là.
La
coloc chinoise n'a pas exactement la même notion d'hygiène que moi [1].
Ni que notre ancienne coloc américaine, ni que notre nouvelle coloc
américaine (nous sommes trois, pour ceux qui suivent). Ni que le
blondinet, mais le blondinet est maniaque en plus de savoir parfois
parfaitement être un de ces exemples typiques d'américains qui vont
faire vivre tous nos descendants dans des bulles parce qu'ils ne
supporteront pas la moindre contamination. Ni que ses parents, d'après
leur visite au printemps.
Ainsi, la coloc chinoise passera un
week-end entier à monopoliser la cuisine, y faisant frire de l'ail sans
se donner la peine d'allumer la hotte ou d'ouvrir la porte, ce qui a
pour effet de créer premièrement un courant d'air entre les fenêtres du
salon et celles des chambres qui ramène toute l'odeur dans la salle de
bains, deuxièmement un sérieux pétage de durite de ma part, laissant la
vaisselle grasse s'accumuler dans l'évier sans la moindre goutte d'eau
(ne parlons pas de savon), et le sol à l'état de pateaugoire sans se
préoccuper le moins du monde d'utiliser une serpillère, même quand ses
pieds collent au sol.
La coloc chinoise ne jette jamais la
poubelle. Parfois, la coloc chinoise condescend à sortir le sac
poubelle de la poubelle, à le nouer et à l'abandonner quelque part près
de la porte ; descendre le dit sac jusqu'au local poubelle étant
manifestement un peu trop pour sa personne. Généralement, la coloc
chinoise préfère empiler des déchets douteux jusqu'à faire déborder la
poubelle - et quel délice que de trouver un pot de glace vide même pas
aplati, surmonté d'une peau de banane, le tout sur une poubelle déjà
pleine...
La coloc chinoise aime beaucoup le broyeur de
déchets, mais n'hésite pas à laisser toute une nuit des pelures de
fruits dans l'évier à un coup de brosse du dispositif, ou des restes de
poissons à l'intérieur, sans prendre toutefois la peine de le vider. La
coloc chinoise aime tellement le broyeur de déchet qu'elle ne semble
pas se résoudre à ce que d'autres puissent l'utiliser, et laisse donc
systématiquement sa vaisselle sale dans l'évier de gauche où se trouve
le dispositif, plutôt que dans celui de droite où il ne se trouve pas.
J'adore déplacer la vaisselle collante et grasse d'un évier à l'autre
le matin avant de faire mon café, ça me met de bonne humeur pour la
journée.
Passons chastement sur l'état de la salle d'eau, la
coloc américaine et moi partageons un lavabo et une salle de bains, lui
laissant avec soulagement tout loisir de souiller le lavabo et la salle
de bains restants comme bon lui semble. La coloc chinoise a en effet de
longs, épais et beaux cheveux noirs, qu'elle perd partout avec
allégresse, et nous ne nous étendrons pas plus sur le sujet.
Question :
Comment
faire comprendre à la coloc chinoise qu'elle ne vit pas seule et qu'il
n'est pas dans l'ordre des choses que nous nettoyions pour qu'elle
puisse mieux salir ?
Solutions envisagées :
La
suggestion ne marche pas du tout. «Tu ne trouves pas que c'est un peu
collant, par terre ?» ne déclanche pas vraiment la réaction escomptée.
«Quand tu cuisines, ce serait bien que tu nettoies après, quand le plan
de travail et le sol sont sales» remporte un fervent acquiescement mais
pas d'actes concret pour suivre les paroles.
La basse vengeance
non plus. Claquer les portes, empiler et dépiler sans ménagement les
plats, assiettes et couverts, utiliser le broyeur quatre fois plus que
nécessaire le matin quand elle est la seule à encore dormir n'a
apparemment rien fait de mieux que passer ma rage.
L'attaque
directe peut marcher, parfois, mais c'est uniquement ponctuel. «J'ai
lavé le sol les douze dernières fois, c'est vraiment dégueulasse, tu
pourrais le faire cette fois ?» entraîne parfois un lavage effectif.
Je
ne sais plus quoi faire. Je suis en ce moment dans une période
stressante (il est toujours bon d'essayer de surmonter ses peurs mais
je vous garantis que c'est loin d'être facile), et j'ai envie de la
balancer par dessus la rambarde chaque fois que j'aperçois près du
micro-onde une peau de banane dans un état avancé qui n'a certainement
pas grand-chose à y faire.
Aujourd'hui j'ai donc fait une liste
- après m'être préalablement assurée que coloc américaine ne prendrait
pas ça à son compte. Il y a donc sur le frigo une jolie liste des
choses à faire pour faire en sorte que la cuisine reste agréable après
le nettoyage à fond que je me suis coltiné cet après-midi (et je
déteste passer la serpillère, je déteste ça, d'une force !). Et j'ai
honte. Cette liste décrit l'évidence même. Nettoyer après avoir cuisiné
quand c'est devenu subitement collant - faut-il y voir un lien de cause
à effet ? («Oh, j'ai cuisiné comme un sanguier[2] en flanquant de l'eau
et des détritus partout par terre et en marchant dedans, et maintenant
c'est sale, je ne comprends pas»). Laisser la vaisselle dans l'évier où
ça dérange le moins. Descendre la poubelle quand elle est pleine.
Et
je sais très bien que ma liste ne va rien changer du tout - si ce n'est
augmenter un peu plus l'animosité entre coloc chinoise et moi. Mais
c'était ça où la passer par dessus la rambarde.
PS : vous avez
peut-être déjà lu précédemment que la coloc chinoise préfère porter
deux pulls et un blouson à l'intérieur en hiver plutôt que de garder
portes et fenêtres fermées. La coloc chinoise aime bien aussi remplir
le congélateur à craquer - de sorte qu'on se prenne toujours tout un
tas de trucs gelés et non identifiés sur le coin de la figure quand on
cherche des glaçons. Elle aime que le frigo soit très froid, que ses
yaourts gèlent ne la dérange pas, encore moins que les légumes
s'abîment. La coloc chinoise est un poème.
[1] Ma
notion d'hygiène étant un mélange de principes hospitaliers et d'une
enfance dans une maison dans laquelle le ménage n'était fait que
lorsque ça devenait vraiment nécessaire - pour cause de travail
hospitalier du chef de famille, ainsi qu'aiment à l'appeler les
instituts de sondages, bien qu'il ne soit pas encore sûr qu'être chef
d'une famille composée de soi-même, d'une gamine qui compte même pas
pour une part entière aux impôts («Tiens, ma demi-fille !»), d'un chien
jamais très sûr de qui est le chef de meute dans cette affaire et d'une
souris en peluche soit particulièrement glorieux.
[2] Prononciation locale de «sanglier». De même, «camion» se dira «camillon» et «pneu» «peneu».
Improvisé par Krazy Kitty à 22:31 in A Day At School
Pitits Mots [18]
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186 - Cheat smart... please
Il y a des choses qui sont toujours les mêmes, quel que soit le pays, quel que soit l'âge, quelle que soit la matière que l'on essaie d'enseigner.
Les élèves n'ont pas le droit de copier leur devoir à la maison sur celui de leur voisin / copain / ennemi juré / hamster en tutu rose. C'est une règle immuable des cours en université, je crois bien qu'elle est d'ailleurs explicitement détaillée dans la politique de l'université sur l'honnêteté académique. Ils ont le droit de travailler ensemble, de s'entre-aider, mais chacun doit rendre un travail personnel.
Comme on peut s'y attendre, certains ne se gênent pas pour déroguer à la règle. Et bien qu'ils soient à la fac depuis quatre ans, ils ne sont pas très habiles en la matière... Il y a en effet deux règles à respecter pour copier sans se faire découvrir un devoir scientifique, et je suis surprise qu'ils n'aient pas encore appris à ce stade à copier intelligemment.
Règle numéro 1 : s'assurer que la réponse que l'on recopie doctement n'est pas trop farfelue, et s'abstenir si l'on doute. En tant que correctrice, trouver deux fois la même réponse à une question qui est à mille lieues d'être celle posée me met rapidement la puce à l'oreille.
Règle numéro 2 : reformuler. J'ai peut-être de quarante à cinquante copies à corriger, mais je me rends vite compte si deux d'entre elles ont mot pour mot les mêmes phrases.
Par malheur pour mes pauvres élèves martyrisés, j'ai une très bonne mémoire des noms et des devoirs qui s'y rapportent, et je retrouve presque immédiatement la copie où j'ai vu apparaître la réponse la première fois. Ce qui répond à la question de savoir quel est le jeu préféré des correcteurs sadiques tels que, euh, moi (nom d'une roue je suis devenue mon pire cauchemar de prépa aidez-moi !) : jouer au Memory avec les réponses des élèves, c'est triste, mais que voulez-vous, elles ne vont pas se corriger seules, les copies, et pendant ce temps, faut bien se divertir un peu. J'ai un mal fou avec le travail fastidieux.
Reste, souvent, le doute. Je ne suis jamais totalement sûre que deux élèves ont copié l'un sur l'autre (c'est-à-dire, généralement, que l'un a copié sur l'autre), à moins d'avoir des paragraphes entièrement similaires. Cependant, quand après avoir tempêté plusieurs fois au sujet des copies similaires et du fait que nous les repérions, rappelant sans cesse qu'il est interdit de copier sur son hippopotame de compagnie, la prof donne un zéro à toute copie apparaissant en doublon, en insistant sur le fait que toute contestation est encore possible et que l'on peut venir s'expliquer à la fin du cours, je vois les concernés partir la tête basse sans même avoir comparé leur copie avec celle qui lui est similaire (et se trouve entre les mains de son voisin de siège par un hasard que, vraiment, je ne saurais m'expliquer) afin de comprendre comment ils ont pû être ainsi soupçonnés...
Improvisé par Krazy Kitty à 21:36 in A Day At School
Pitits Mots [9]
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29 août 2006
185 - Avoir son bac à quatorze ans...
... et demi (puisque je suis de janvier).
Oui, j'ai sauté trois classes. J'ai sauté la grande section maternelle, le CE2 et la cinquième. Qu'on se reporte à la note 64 du 27 janvier 2006 [fr] pour plus de détails à ce sujet. Oui, j'ai eu mon bac à quatorze ans. (En même temps, si vous aviez réalisé que j'étais en thèse à
vingt-et-un ans, il aurait du sembler logique que j'aie eu mon bac
relativement tôt.). Ca ne m'a pas empêchée de faire une troisième année de prépa et de ne pas intégrer une des écoles dont je rêvais au départ.
Je ne suis pas surdouée.
Il n'y a que les enfants que l'on peut qualifier de surdoués, et j'ai passé le stade de l'enfance, du moins au point de vue psychologico-médical. Les spécialistes préfèrent le terme de "précoce". Précoce, car il s'agit avant tout d'un développement intellectuel précoce, plus rapide que celui de la moyenne, et qui permet d'avoir les capacités intellectuelles nécessaires à passer le baccalauréat (normalement atteintes vers dix-huit ans) un peu plus tôt que ça [1].
Cela ne veut cependant pas dire qu'on reste supérieurement intelligent toute sa vie (même si on a plus de chance de réussir ses études).
Cela ne veut pas dire non plus qu'il n'y a pas tout un tas d'enfants capables d'apprendre plus vite que la moyenne ; seulement que cela n'a pas été détecté, ou que l'on a jugé que l'incidence de cette précocité sur leur développement personnel et mental ne justifiait pas qu'on leur fasse passer des classes, ou qu'ils ont mis leurs capacités au service d'autre chose que les études.
Autrement dit : il s'agit de mon enfance, de la façon dont j'ai été élevée, éduquée. Ce qui a bien évidemment une incidence sur qui je suis maintenant. Mais je ne suis plus une surdouée. Je ne suis plus la gamine qui a l'air toute petite parmi ses camarades de classes, qui récolte les meilleures notes et vit avec une étiquette. Je me fonds parmi les autres, parce que mon âge est de moins en moins important, parce que mes capacités mentales ne sont plus exceptionnelles parmi les gens qui m'entourent. Je ne suis pas meilleure en maths que mes collègues, ou si c'est le cas, c'est dû principalement au fait que j'ai fait plus de maths en prépa que les Américains dans toute leur scolarité, et alors ils sont meilleurs dans un autre domaine.
Ca fait sept ans que j'ai eu mon bac. Un tiers de ma vie, environ. J'estime que maintenant, on pourrait me foutre la paix avec ça et éviter de me mettre dans une petite boîte. J'ai assez des forums sur les enfants précoces / surdoués [fr, l'auteur décline toute responsabilité si une forte nausée vous prend à la lecture des messages postés sur ce lien] pour me plomber le moral sur la façon dont les adultes aiment à les considérer comme des phénomènes de foire et à en tirer une fierté particulièrement mal placée.
Merci.
[1] Bon, d'accord, beaucoup plus tôt que ça, d'après la psychologue scolaire qui me suivait. Celle qui s'étonnait que je veuille poursuivre des études scientifiques avec mes capacités littéraires.
Improvisé par Krazy Kitty à 09:37 in Stormy Weather
Pitits Mots [17]
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28 août 2006
184 - Truc de filles
Parfois je fais des trucs super-girly, comme de me peindre les ongles de pieds en rose, lire les pages modes de Cosmo [1], ou m'acheter un produit pour structurer mes boucles (sic et re-sic).
Il était donc tout naturel - d'autant plus qu'à partir du 11 septembre je serai la seule représentante du sexe féminin dans mon groupe de recherche - qu'Advisor me propose de participer à un truc de filles.
J'ai donc soumis un résumé sur mes travaux de cuisine recherche à un atelier intitulé "Femmes et Apprentissage Statistique" [en], car si l'idée de faire la distinction entre hommes et femmes quand il s'agit d'un travail académique me passe largement à côté, et ce même si je suis consciente du fait que peu de femmes choisissent de faire une carrière dans la recherche informatique (cf. remarque ci-dessus sur la composition de mon groupe de recherche), participer à un atelier me donnera un peu d'expérience et ce n'est pas à négliger.
Lequel résumé ayant été accepté, Krazy Kitty sera présente à San Diego les 3 et 4 octobres prochains aux frais de la princesse [2].
Youpi-hop et une bouteille de rhum boisson rose avec un petit parapluie dedans !
[1] Aux toilettes, certes.
[2] A savoir, la NSF (National Science Foundation) et le CRA-W (Computing Research Association - Women).
Improvisé par Krazy Kitty à 16:03 in All of Me
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26 août 2006
183 - Un an déjà - bis
Il y a un an, j'atterrissais à l'aéroport John Wayne (rien que le nom me fascinait et me terrorisait en même temps), saoule de fatigue et d'anxiété. Le voyage est éprouvant, surtout quand on le fait pour la première fois. Quand, pour la première fois, on est confrontée à l'immensité des plus grands aéroports américains (je transitais par Chigao O'Hare), entourée de réels anglophones, des qui parlent anglais sans l'avoir appris à l'école. D'autant plus quand on s'est arrachée à son pays, à sa famille, à ses amis, sans savoir quand on y retournerait ne serait-ce que pour des vacances, avec le projet de passer plusieurs années loin. Très loin. Un lointain qui me le semblait d'autant plus qu'épuisée, je n'arrivais même pas à me servir d'un téléphone public - enfin, après quinze minutes de lutte acharnée, je réussis à appeler ma mère, et fondis en larmes.
Mettant donc pour la première fois mes orteils sur le sol américain (si l'on excepte mon passage à l'ambassade américaine à Paris), dans une ville que je redoutais et où je ne connaissais personne, une valise en moins car égarée aux environs de San Diego, je n'en menais pas large. J'avais peur de tout, peur de parler anglais, peur de ne pas comprendre, ni la langue ni les us et coutumes, peur qu'on m'oublie en France, peur aussi d'oublier.
Pourtant, dès le premier soir, la douce température (j'étais partie de Paris sous la pluie), les palmiers, ler routes immenses et l'air marin m'avaient agréablement dépaysée. Arrivée sur le campus, je m'émerveillais de le voir si beau et luxuriant, et d'y croiser quantité de lapins peu farouches. Et je serrais les dents pour ne pas pleurer, car je savais que ça ne m'avancerait à rien d'autre qu'à me sentir un peu plus perdue.
Peu à peu, j'ai pris mes repères. Appris la géographie du campus, puis la localisation des magasins, enfin arrivais à me repérer sur les axes routiers. Meublé ma chambre (ah, ces premiers jours où les valises me servaient d'étagères et mon lit de bureau !). Rencontré des gens, peu à peu, car ce n'est pas quelque chose que j'aurais su faire vite. Créé un cercle d'amis. Appris à connaître mes collègues, à comprendre leur fort accent sud-californien et leur débit de parole accéléré, à plaisanter avec eux. Laissé le blondinet m'approcher, aussi, avec tous les doutes qu'impliquaient l'idée de partager quelques moments intimes avec quelqu'un qui ne parle pas français. Ce genre de choses, qui fait que je vis ici maintenant.
Quand je dis "chez moi", c'est parfois pour parler de la France, parfois pour parler de mes bas-alpages, et parfois pour parler de mon appartement à Irvine. Et si j'ai parfois la sensation d'être déchirée et une tendance à refuser à m'attacher à ici pour ne pas m'éloigner de là-bas, j'ai aussi la chance de me sentir aussi à l'aise au pays que là où je vis.
Un an déjà. Et un an seulement...
Et presque sept ans que je suis partie de la maison.
Improvisé par Krazy Kitty à 16:03 in All of Me
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24 août 2006
182 - Une journée avec Krazy Kitty
06h36. Je me réveille. Ah tiens, je suis réveillée. Ah tiens, y a un petit rayon de soleil faiblard dans le coin. Ah tiens, j'ai chaud. Ah tiens, c'est tout calme ici. Ah tiens, la radio ne fonctionne pas, il n'est donc pas l'heure de mon réveil. Ah tiens, il est tôt.
06h39. Je doute sérieusement que ça vaille la peine de me rendormir pour maintenant, quoi, ving-huit minutes. Et puis je suis réveillée, là, vous m'entendez le chat, réveillée ? C'est que depuis que j'ai vu le Nestor Burma avec Michel Serrault qui vouvoie son chat, je vouvoie mon chat. Le fait que je n'aie pas de chat est un inconvénient tout à fait mineur. Parfois, à la place, je vouvoie ma vieille souris en peluche, mais on se connait depuis mes six mois, alors elle le prend un peu mal. Et je ne voudrais pas vexer ma souris.
06h42. Je suis quand même bien dans mon lit, à m'étirer le matin. Je fais craquer mon épaule baladeuse - j'ai une épaule qui ne tient pas en place, elle est insupportable, toujours à vouloir se rapprocher de la nuque ou s'éloigner des côtes. Je remet mes hanches en place. En fait je suis une épave humaine, mon corps le matin est un ramassis de muscles, de tendons et d'articulations incapables de fonctionner tant que je ne les ai pas soigneusement mis en route, avec amour, comme les voitures à manivelle d'avant. Si j'étais sportive et en pleine forme, ça se saurait, hein. Pas vrai le chat ?
07h02. Bon allez, debout. Ouvrir les stores et la fenêtre. Faire le lit. Réveiller Totor. Oui c'est mon ordinateur, Totor. En vrai il s'appelle Chicago, mais bon Totor c'est son petit nom. Faut pas confondre avec le boa constrictor que j'avais quand j'étais petite et que j'appelais Totor parce que "constrictor" j'avais un peu de mal à le dire. Tout ça me fait penser à "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors" - les amateurs de Fred Vargas apprécieront. Je suis amoureuse de Fred Vargas, enfin, plutôt de son écriture, la madame, je ne la connais pas. Bref.
07h04. Je relève mes e-mails. Quelques commentaires sur AmRhaps. Deux questions d'élèves, envoyées au milieu de la nuit, comme s'il était sage de travailler encore à ces heures quand on a un examen le lendemain. Du spam. Répondre aux élèves - heureusement les questions qu'ils se posent à une heure avancée de la nuit sont au niveau de mon cerveau embrumé au réveil.
07h15. Je m'empare de ma panoplie de TA[1] : jean, T-shirt pas trop décolleté, et direction la douche. Oui, avec des sous-vêtements aussi, ne soyez pas idiot le chat. Shampoing, douche, déodorant, crème hydratante, visage, crème hydratante - pour le visage, cette fois, le chat, ne soyez pas si obtus -, produit pour structurer (sic) mes boucles (re-sic, ne riez pas le chat!), un trait de crayon ocre sur les paupières, eye-liner, mascara. Ca me donne peut-être l'air d'avoir vingt-six ans, mais au moins mes élèves ne me soupçonnent pas d'être plus jeune que la majorité d'entre eux.
07h35. Cuisine. J'ouvre la porte, dis bonjour à la plante verte, il fait frais, c'est agréable. 21°C selon Totor. Cafetière, eau, café, fermer, plaque électrique. Réfrigirateur, jus de pamplemousse, yaourt. Fruits, peler, couper. Eteindre la plaque électrique. Céréales. Verser le café. Direction ma chambre.
07h45. J'ai encore oublié mon pyjama dans la salle de bains. Je vais le chercher. En profite pour laver mes lunettes au passage. Roublie mon pyjama. Retourne le chercher. Il est temps que j'avale ce petit-déjeuner. Ce que je fais, en bonne geekette, en relevant les dernières nouvelles du monde sur mon ordinateur. Il fait déjà 29°C.
08h18. Il est temps de me préparer à partir. J'enfourne mon ordinateur dans un sac en bandoulière, le manuel, ma pochette et une veste dans mon sac à dos. Prépare Popaul et ses écouteurs. De même que Totor est un ordinateur, Popaul est un iPod, c'est quand même pas bien compliqué. Dernier passage aux toilettes, brossage de dents, crème solaire, vaisselle.
08h30. Allez zou. Je mets ma montre, enfile la bague de fiançailles de mon arrière-grand-mère, charge le sac à dos sur mon dos et le sac bandoulière en bandoulière, il est des jours où mon originalité m'affolerait presque. Bataille pendant quelques secondes avec les écouteurs de Popaul, car j'ai clairement un problème psycho-moteur quand il s'agit de mettre des écouteurs sur mes oreilles - oui, et aussi dans les descentes pentues, mais c'est une autre histoire.
08h50. J'arrive dans ma salle. Huit rangées de tables noires, ces petites tables avec chaises attachées, le tout en plastique et d'un inconfort notoire. Pas de fenêtre. Un tableau blanc immense, un rétroprojecteur au plafond et une énorme console de contrôle. Un pupitre sur l'estrade. Affolés par l'idée de leur examen, beaucoup d'élèves sont déjà là. La prof est en train de les faire s'asseoir de façon plus espacée.
09h00. L'examen commence. Les premiers retardataires hâtent le pas dans le couloir.
09h05. Presque affalée sur le pupitre, j'ai déjà compté quatre fois les élèves, donné des énoncés à trois retardataires, et je commence à comprendre que les quatre-vingt cinq prochaines minutes vont être longues. Pendant une heure et demie, je réponds à quelques questions sur l'énoncé, surveille, surveille, et surveille encore, marche en long et en large, échange quelques mots avec la prof, ramasse des copies. J'ai enfilé ma veste à 9h45 et je grelotte depuis 10h15.
10h45. Le cours reprend après quinze minutes de pause. Les élèves sont en forme, beaucoup plus alertes que d'habitude - la pression retombe... Pour une fois, ils participent activement en classe. Moi, je commence à lire leurs devoirs à la maison - non sans une certaine stupéfaction face à la capacité de certains à comprendre à côté de la plaque. Non le chat, je ne parle pas de vous, ne soyez-pas si susceptible.
11h30. La prof décide d'écourter le cours. Nous discutons un peu du devoir à la maison, de la façon dont je dois le noter. Et prenons rendez-vous pour le lendemain 10h pour corriger l'examen. Une correctrice est en moi, je le sens, je le sais. Et puis de toute façon cette saleté de test de Belbin dit que je suis une finisseuse, mais pas au sens mafieux du terme, au sens petit et bas, au sens de la chieuse perfectioniste qui enquiquine ses collègues et n'est jamais satisfaite de leur travail. Il a pas vraiment tort, Belbin, dans l'affaire, mais je tiens à préciser que quand mes collègues en foutent plus qu'une demi queue de prune, j'arrive assez souvent à apprécier leur travail. Perfectioniste anxieuse, mais pas aigrie non plus, faudrait pas confondre, le chat, vous m'entendez. Finisseuse, donc, correctrice, pouf pouf, ma vie en est éclairée, c'est pas rien de le dire. Menfin... J'ôte courageusement ma veste, remballe mes affaires, et prends la direction du soleil et de mon chez moi.
12h00. J'arrive chez moi en nage. Il fait 32°C à l'ombre et il n'y a pas d'ombre, et les poids combinés de l'ordinateur dont je me suis à peine servie aujourd'hui, du manuel de mille cent pages, et des quarante-cinq copies n'arrangent pas l'affaire. Je me déleste du tout avec délectation, troque mon jean pour un short, prépare le déjeuner, déjeune.
12h30. Et la saga des corrections peut commencer. Classer les copies par ordre alphabétique, ouvrir le fichier de notes et attribuer un 0 à chaque problème pour tous ceux qui n'ont pas rendu leur devoir, sortir les post-it, un stylo bleu. Personne n'écrit en bleu ici, alors le bleu ou le vert, c'est idéal pour les copies. Choisir l'ordre dans lequel je corrigerai les problèmes. Me lancer.
16h30. J'ai corrigé deux problèmes, fait une énorme pause, repéré un sacré nombre de devoirs similaires. C'est à ça que me servent les post-it. A noter sur une copie à laquelle elle me semble étrangement ressembler. Et je m'étonne toujours autant de la facilité avec laquelle les élèves éludent une partie de l'énoncé ou le comprennent de travers. C'est là-dessus qu'ils perdent le maximum de points, pas vraiment sur de la compréhension au fond. C'est vraiment regrettable. Et puis, il faut dire que ceux qui suivent les cours d'été, ce sont soit des élèves proches du diplôme et à qui il manquait quelques cours pour l'avoir en juin avec les copains, soit des élèves doués qui veulent faire les choses plus vite. Et ça se voit. Une de mes meilleures élèves est à la fac depuis même pas un an.
17h00. Je descends prendre le courrier, me dégourdir les jambes. Je ne peux plus voir ces copies en peinture. En remontant, je m'attelle plutôt à mon article. Je fais surtout de la mise en forme, mon cerveau marche au ralenti. Une autre pause, un peu plus tard.
18h30. Je m'y remets. Cette fois, je corrige trois problèmes en moins de deux heures. "Ca, ça va épater le chat". Il faut dire que ce sont les plus facile à noter.
20h20. Je ne sais pas si j'ai faim, mais je n'ai plus très envie d'entendre parler d'IA, et surtout, j'ai envie d'écrire. Tiens donc...
21h00. Il serait peut-être temps que je fasse à dîner, là, et que j'arrête de penser à mes copies ? Ou aux nouvelles qui m'attendent demain matin ? Hein, qu'en pensez-vous, le chat ?
[1] Teaching Assistant, vague équivalent du chargé de TD français. Mon job quoi.
Improvisé par Krazy Kitty à 21:01 in A Day At School
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23 août 2006
181 - Un an déjà
Mon visa a un an et un jour.
J'avais l'intention de développer sur comment que ça fait tout bizarre de se dire "un an déjà", mais je vais attendre quelques jours l'anniversaire de mon arrivée en Californie. (Je suis un chouilla fatiguette, là).
Oualà, vous pouvez retourner à vos occupations (faites un tour sur Cute Overload [en] si vous vous ennuyez vraiment).
Ah et aussi j'ai cédé et installé la bannière du Panda [fr] pour la Blog Party 2 [fr], sauf que j'ai désanimé le gif animé parce qu'il me tapait sur les nerfs à être animé, justement, alors faites-moi plaisir, cliquez dessus que le monsieur soit content.
Sinon, mes élèves sont toujours aussi merveilleux, ceux qui ne sont pas très bons en informatique se rattrappent généralement largement sur la mauvaise foi.
Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que cette note ne va pas rester dans les annales. J'ai même pas de mot-clé rigolo pour vous faire sourire. Bon allez zou, y a un moment où il faut arrêter d'écrire pour ne rien dire, quand même.
Improvisé par Krazy Kitty à 10:21 in All of Me
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21 août 2006
180 - Nouvelles du front / News from the battlefront
Qui est toujours situé entre mes lunettes et ma frange savamment ondulée (à savoir, coiffée avec les doigts et un peu de gel supposé structurer mes boucles, ben voyons).
Ok, that was a non translatable pun. That's all folks.
En dehors de mes démêlés banqucaires et de leur tout aussi agréable qu'heureux dénouement, j'ai passé un dimanche très charmant et reposant. Un réveil tout en douceur avec les rayons du soleil déjà haut dans le ciel qui viennent vous chatouiller le bout du nez, avec tout le temps nécessaire pris pour s'extraire de dessous la couette, une longue douche à deux... Le petit déjeuner pris à onze heure trente, des oeufs, des tartines à la gelée de coings ramenée de France, du jus de pamplemousse rose, un café bien fort pour moi et un thé à l'orange qui sent bon pour lui. La voiture qui roule dans le soleil le long de l'océan, le déjeuner tardif dans une cantina, la promenade sur la plage en se souvenant d'une soirée il y a dix mois, et les galeries d'art où l'on essaie de ne pas montrer qu'on n'a vraiment pas les moyens d'acheter ce qu'on regarde, surtout le grand là-haut, et puis le retour par le parc d'état et encore plus tard une partie de scrabble en finissant la bouteille de vin de la veille...
Besides the stories with my bank and their very relieving happy ending, I've had a very relaxing and charming Sunday. Waking up slowly with the already high in the sky sun shining on my nose, with all the necessary time to get out of the covers, and a long shower for two... Breakfast at eleven thirty, eggs, toasts with quince jelly from France, grapefruit juice, a black coffee for me and a nice smelling orange tea for him. The car cruising in the sun along the ocean, the very late lunch in a cantina, the walk on the beach, remembering a ten months old evening, and the art galleries where we try to look as if we could afford what we're looking at, especially hard for the big one over there, and then the drive back through the state park, and later on a scrabble game while drinking what remained of the wine bottle from Saturday evening...
En ce moment j'écoute beaucoup Radio Paradise [en] et aussi Downpressor Man par Sinéad O'Connor, sauf quand je corrige je préfère Loreena McKennitt, et Sonny Rollins quand je rédige. Je mange des pêches et du raisin juste un peu trop vert, je cuisine des gâteaus à la fleur d'oranger et du poulet au citron, et j'avale en vitesse des snacks aux fruits quand je dois aller en réunion. Je lis Cosmo d'un oeil quand je trouve du contenu entre les pubs, et le Hitchhiker Guide to the Galaxy avec un crayon pour noter les meilleurs passages, je cherche des Gelly Roll Fine Sakura™ bleu royal et des blocs notes quadrillés en 5 carreaux par pouce, avec un grammage correct et un prix abordable [1], je regarde des passages de Arsenic and Old Laces, et je vais parler au poisson rouge [2] et me moquer de sa façon d'agiter frénétiquement les petites nageoires qui assurent sa stabilité.
I listen a lot to Radio Paradise [en], and also to Downpressor Man by Sinéad O'Connor, except for when I'm grading - I prefer Loreena McKennit, and Sonny Rollins for when I'm writing. I eat peaches and grapes almost perfectly ripe, I bake orange blossom cakes and lemon chicken, and I quickly swallow fruit snacks when I have to go to a meeting. I vaguely read Cosmo when I manage to find some content between the ads, and the Hitchhiker Guide to the Galaxy with a pen to write down the best sentences, I look for some royal blue Gelly Roll Fine Sakura™ and quadrilled notepads in five squares per inch, a correct basis weight and an affordable price [1], I watch pieces of Arsenic and Old Laces, and go and talk to the goldfish [2] and laugh at the way its frantically moves the little fins ensuring its stability.
Je vais à des réunions où on parle de la fabrication des bombes dans sa salle de bains et de comment tricher aux examens, et aussi parfois de travail et de Y qui va avoir son diplôme et des petits nouveaux qui vont débarquer comme moi l'an dernier, et de l'article que je suis indéfiniment en train d'écrire parce que quelqu'un y trouve toujours à redire, et du tutorial de J qui prend de l'ampleur, et des publications récentes, et de tous ces projets qui marchent ou vont marcher, et des parfums de glace chez Gelato d'Amore.
I attend meetings where people talk about how to build a bomb in your bathroom and how to cheat on exams, and also sometimes about work, and Y who is going to graduate soon, and the newbies who are going to arrive as I did a year ago, and this paper I'm constantly rewriting because there is always someone to have something to say about it, and J's tutorial which is growing, and the latest papers, and all these projects that are working or going to work soon, and the ice cream flavors at Gelato d'Amore.
Je réponds à des questions plus ou moins stupides par e-mail, je résouds les devoirs à la maison et exercices conseillés donnés à mes élèves, je fais des fiches de cours rapides pour ne pas perdre le fil, je me passionne pour les cas d'études (morpion, cannibales et missionaires, jeu des huit reines, jacquet, jeux de cartes...), et je fais des fautes d'orthographe en corrigeant mes copies.
I answer more or less stupid questions by e-mail, I solve the homeworks and advised problems given to my students, I write quick notes about the class so that I'm not at a loss, I inflame for the study cases (tic-tac-toe, cannibales and missionaries, eight queens problem, backgammon, card games...), and I mispell words when grading. (Okay, I always mispell words in English. But I can play Scrabble nevertheless).
La météo prévoit un temps beau et chaud pour les dix prochains jours, Radio Paradise passe les Beatles et j'ai un scrabble à la maison, quoi d'autre... ?
According to the weather forecast, the next ten days are going to be warm and nice, plus Radio Paradise plays the Beatles and I've got a Scrabble at home, what else... ?
[1] Toi aussi, trouve la contradiction.
[1] Can you find the contradiction in here?
[2] Qui est bleu, est une acquisition fort récente de coloc' chinoise et n'a pas de nom officiel, bien que je l'appelle déjà "Manfred-la-poiscaille" en français et "the Blue Brother" en anglais. Quoi que "Kilmore Trout", c'est pas mal comme nom pour un son-poi, hein. Merci Kurt Vonegut Jr.
[2] Which is a blue, very recent purchase by my chinese roomie and has no official name, even though I already call him "the Blue Brother". (And "Manfred-la-poiscaille" in French, which coul loosely - very loosely - translate to "Fishy Manfred", too). I think I'm going to call him "Kilmore Trout" (be grateful to Kurt Vonegut Jr., fish!).
Improvisé par Krazy Kitty à 22:03 in All of Me
Pitits Mots [4]
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179 - Krazy Kitty mène le monde de la finance à sa botte
Suite et fin (du moins je l'espère) de l'épisode bancaire précédent [fr] :
Je suis allée râler tout mon content à la Wa*Mu, et la banquière (sans aucun doute sous le charme) a lié mes deux comptes et m'a remboursé mes $150.
Maintenant, j'attends la crasse qui va me tomber dessus dans la journée pour compenser ça (et comme j'ai deux réunions, y a de la matière).
Improvisé par Krazy Kitty à 12:05 in All of Me
Pitits Mots [4]
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20 août 2006
178 - J'ai de l'eau jusqu'aux genoux
Le niveau remontant légèrement de mon côté, sans pour autant s'améliorer de façon générale, j'ai battu le blondinet de quarante points au Scrabble™, en utilisant sans honte aucune toutes les opportunités qu'il s'évertuait à créer.
Et j'ai quand même pas réussi à placer le Q. Vachement pas commode, en anglais, le Q.
PS: Pour le titre, se référer à Francis Blanche.
Improvisé par Krazy Kitty à 22:59 in All of Me
Pitits Mots [6]
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