Krazy Kitty en Californie

26 août 2006

183 - Un an déjà - bis

Il y a un an, j'atterrissais à l'aéroport John Wayne (rien que le nom me fascinait et me terrorisait en même temps), saoule de fatigue et d'anxiété. Le voyage est éprouvant, surtout quand on le fait pour la première fois. Quand, pour la première fois, on est confrontée à l'immensité des plus grands aéroports américains (je transitais par Chigao O'Hare), entourée de réels anglophones, des qui parlent anglais sans l'avoir appris à l'école. D'autant plus quand on s'est arrachée à son pays, à sa famille, à ses amis, sans savoir quand on y retournerait ne serait-ce que pour des vacances, avec le projet de passer plusieurs années loin. Très loin. Un lointain qui me le semblait d'autant plus qu'épuisée, je n'arrivais même pas à me servir d'un téléphone public - enfin, après quinze minutes de lutte acharnée, je réussis à appeler ma mère, et fondis en larmes.

Mettant donc pour la première fois mes orteils sur le sol américain (si l'on excepte mon passage à l'ambassade américaine à Paris), dans une ville que je redoutais et où je ne connaissais personne, une valise en moins car égarée aux environs de San Diego, je n'en menais pas large. J'avais peur de tout, peur de parler anglais, peur de ne pas comprendre, ni la langue ni les us et coutumes, peur qu'on m'oublie en France, peur aussi d'oublier.

Pourtant, dès le premier soir, la douce température (j'étais partie de Paris sous la pluie), les palmiers, ler routes immenses et l'air marin m'avaient agréablement dépaysée. Arrivée sur le campus, je m'émerveillais de le voir si beau et luxuriant, et d'y croiser quantité de lapins peu farouches. Et je serrais les dents pour ne pas pleurer, car je savais que ça ne m'avancerait à rien d'autre qu'à me sentir un peu plus perdue.

Peu à peu, j'ai pris mes repères. Appris la géographie du campus, puis la localisation des magasins, enfin arrivais à me repérer sur les axes routiers. Meublé ma chambre (ah, ces premiers jours où les valises me servaient d'étagères et mon lit de bureau !). Rencontré des gens, peu à peu, car ce n'est pas quelque chose que j'aurais su faire vite. Créé un cercle d'amis. Appris à connaître mes collègues, à comprendre leur fort accent sud-californien et leur débit de parole accéléré, à plaisanter avec eux. Laissé le blondinet m'approcher, aussi, avec tous les doutes qu'impliquaient l'idée de partager quelques moments intimes avec quelqu'un qui ne parle pas français. Ce genre de choses, qui fait que je vis ici maintenant.

Quand je dis "chez moi", c'est parfois pour parler de la France, parfois pour parler de mes bas-alpages, et parfois pour parler de mon appartement à Irvine. Et si j'ai parfois la sensation d'être déchirée et une tendance à refuser à m'attacher à ici pour ne pas m'éloigner de là-bas, j'ai aussi la chance de me sentir aussi à l'aise au pays que là où je vis.

Un an déjà. Et un an seulement...

Et presque sept ans que je suis partie de la maison.

Improvisé par Krazy Kitty à 16:03 in All of Me
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Leaving home ain't easy.

Ce qui fait bizarre aussi, quand on part longtemps à l'étranger, c'est de revenir "chez soi" après un long moment. Y'a comme une grosse impression de décalage. Le "chez soi" n'est plus "chez soi".

Mais on finit par s'y faire. On prend d'autres repères. Bon courage ! :)

Miaouté par ZEL le 27 août 2006 à 23:39

21-7 = 14... T'as quitté ta maison à 14 ans ????

Miaouté par Jean-Michel le 28 août 2006 à 05:01

ZEL > Oh ça me le fait déjà avec ma ville natale...

JM > Vi. J'ai eu mon bac à 14 ans. Cf note 64 du 27 janvier 06.

Miaouté par Krazy Kitty le 28 août 2006 à 08:48

Bac à 14 ans ? Je pensais même pas que c'était possible ! T'es une giga surdouée ! Je vais plus oser venir dire mes conneries ici (Là tu réponds : "mais si, mais si !!!!")

Miaouté par Jean-Michel le 28 août 2006 à 11:57

JM > Oh t'inquiète pas, ça a eu le temps de dégénérer depuis que j'ai eu mon bac. Et si tu viens plus dire de conneries ici je vais plus en dire chez toi et on aura l'air malin avec nos blogs tous sérieux. (Oui bon en même temps y a pas que moi pour dire des conneries chez toi et réciproquement mais bon bref).

PS: mais si, mais si !!!!

Miaouté par Krazy Kitty le 28 août 2006 à 12:00

Eh ben mes cadets, eh ben mes p'tits frères ! le bac à 14 ans !

JM > tu vois, si Marine ou Romain ont des problèmes avec leurs devoirs de maths, tu as une surdouée sous la main (enfin au figuré hein !)

Déja qu'avec Dicey (20six/Dicey/)on a une surdouée du sabotage des puits de pétrole (en Oklahoma pour encore 3 semaines) ;)

L'aéroport John Wayne, ça fait classe. Et si on rebaptisait CDG "Aéroport Jean Gabin" ?

"le voyage est éprouvant" > tu m'étonnes, sur les vols Paris-Côte Ouest, il arrive que les pilotes s'endorment.

Et quand tu reviendras "chez toi", tu parleras avec un terrible accent américain :)
(mon père a passé 3 ans en Suisse quand il était jeune, à son retour il parlait avec l'accent vaudois. Il a mis près de 3 mois à s'en départir).

Miaouté par philippe le 29 août 2006 à 05:41

Philippe > C'est sûr que Jean Gabin, ça serait plus poétique que Charles de Gaulle.

Par ailleurs, autant passer quelques mois à fréquenter des gens parlant vaguement ch'ti me fait prendre leur accent, autant pour l'accent américain en français, il faudrait déjà que je perde totalement l'accent français en américain.

Enfin, le fait que je sois effectivement plutôt bonne en maths n'a rien à voir avec le fait que j'aie eu mon bac à quatorze ans.

Miaouté par Krazy Kitty le 29 août 2006 à 09:40






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