Krazy Kitty en Californie
31 mai 2006
123 - La minute (pas vraiment) nécessaire de Kiddy Bicycle
Krazy Kitty, aux toilettes, les mots-fléchés sur les genoux, stylo rose fluo en main, laissant errer son regard dans l'espoir de trouver "n'était pas celle que l'on croyait" en huit lettres, au top de la glamour-attitude :
"Naaaaaaaaan ! Ils l'ont fait !"
Non seulement ils ont fait du papier toilette motifs petits coeurs, mais en plus j'en ai acheté. C'est doublement étonnant (non ?).
(Remarquez, maintenant je me marre chaque fois que je vais aux toils.
Mais je ne suis pas sûre que ce soit l'effet escompté.)
Plus tard, remise du fou rire : "Mata-Hari !"
Note : Mes plus plates excuses aux admirateurs de Desproges pour ce titre honteux. En espérant qu'il ne vous a pas fait entrevoir de faux espoirs d'humour de pointe (le titre, pas Desproges).
Note bis : Excusez la mademoiselle, elle s'apprête à passer une charmante matinée à l'hôpital demain - intervention mineure sur laquelle il semble tout à fait dispensable de s'étendre, ceci dit.
Improvisé par Krazy Kitty à 20:35 in Salt Peanuts
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30 mai 2006
122 - Et un raton laveur
- Il y a un article pas trop mal (je veux dire, pas trop faux) sur la conférence de Marvin Minsky du 24 mai dont je parlais ici sur le site de New University (mon journal tout top préféré). Ne vous laissez pas abuser par la date donnée dans l'article, on vous ment, on vous spolie, c'était bien le 24 mai et non pas le 25, la vie de mes pois de senteur.
- La physique ça sert parfois. Par exemple, à prouver en fonction des distances de sécurité, des temps de réaction / freinage et des limitations de vitesse sur autoroute qu'on ne pouvait pas éviter un cône de circulation masqué par la voiture de devant (surtout qu'on ne pile pas net sur l'autoroute quand on a une file de voitures derrière soi, ça fait mauvais genre).
- Le lin, c'est le mal. J'ai sorti ma chemise citrouille trop kawai du placard, elle avait l'air d'avoir passé neuf mois roulée en boule ; je me suis armée d'un fer à repasser brûlant et flambant neuf, bien décidée à maîtriser la technologie du fer ousqu'on met l'eau dedans (je suis habituée au patte-mouille si je veux) ; j'ai bataillé pendant une demi-heure. Ma chemise a juste l'air froissée, maintenant.
- Un week-end de trois jours sans coloc ni famille associée, c'est le grand lusque. Même si on fait que bosser.
- J'ai reçu un cadal anti cat-girls qui fera du meilleur effet sur la porte de ma chambre.
- Puisqu'on s'offusque que je cite Ferré jusque dans mes commentaires, je fais des références à Prévert. Et toc.
- Le reviewer qui a dit que mon papier était manifestement mal préparé au vu du nombre de coquilles est un pingouinosaure frustré à roulettes. Que cela soit bien clair.
- Comme vous êtes sages, je vous met un filtre de Kalman, parce que
c'est un modèle graphique tout joli qui n'est en fait qu'une vulgaire analyse factorielle mais temporellec'est avec ça qu'on fait atterrir des navettes spatiales sur la Lune ou qu'on fait des trucs tout top classés défense avec des missiles et des navions.
Improvisé par Krazy Kitty à 16:43 in It's wonderful
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29 mai 2006
121 - Extinction des feux
Comme tout un chacun, les Etats-Unis ont leur petit secret honteux. Celui dont tout le monde est plus ou moins vaguement au courant mais que personne n'ose évoquer. Celui qui ronge subrepticement le moral des troupes, qui mine de l'intérieur. Mais je ne me laisserai pas prendre à cette sinistre comédie et surmonterai le tabou. Aussi, je le révèle ici :
Aux Etats-Unis, le soleil se couche tôt.
Et à quelques 25 jours du solstice d'été, il fait nuit noire à 20h15*. C'est dramatique. C'est terrible. Ces gens n'ont aucune notion de bienséance.
Extrait d'une conversation avec un interlocuteur américain dont je préserverai l'anonymat pour des raisons évidentes de protection de la vie privée (et je vous fait les doublages gratuit) :
- "Quand j'étais petite, l'été pour moi c'était quand on dînait tard, vers neuf heures du soir, et qu'il faisait encore jour après quand on allait promener le chien à la fraîche avec ma maman."
- "Quand j'étais petit, l'été pour moi c'était quand il faisait encore jour quand j'allais jouer dehors après le dîner, vers dix-huit heures trente."
C'est pathétique. Tous ces gens obligés de dîner à cinq ou six heures pour avoir un peu de soleil après en été. Une nation entière privée du plaisir de dîner tard avant d'aller profiter des dernières lueurs du jour.
Franchement, quitte à avoir un décalage horaire indécent avec la France, ils auraient pu le calculer correctement.
*Pour les chatouilleux de la géographie et de la physique des astres, Irvine est environ à la latitude de Casablanca, donc oui on peut s'attendre à ce que le soleil se couche plus tôt qu'en France. Mais c'est pas pour rien que le Maroc a deux heures de décalage horaire avec la France en été.
Improvisé par Krazy Kitty à 20:51 in Stormy Weather
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27 mai 2006
120 - Le naufrage
Parfois, on passe une bonne soirée, et puis on a une idée parfaite pour la gâcher.
En l'occurence, "Et si on allait au cinéma ?".
Evidemment, il faut la travailler un peu, cette idée. Lui ajouter quelques brillants dérivés. Comme de vouloir voir un film d'action plutôt pas très profond pour se détendre. Ou de se dire que l'IMAX du cinéma du Spectrum Center, ça doit être vachement bien.
Et on se retrouve pendant 1h40 devant Poseidon. Dans une salle qui n'a d'IMAX que le nom. Et pleine de courants d'air, qui plus est.
Poseidon, un film plein de clichés. Un film où le macho saoulard meurt rapidement. Un film où les messieurs aident les madames, mais où les madames aident aussi les messieurs quand toute la force de leur amour et de leur rage leur donne une vigueur insoupçonnée. Un film où les gens retiennent leur respiration super longtemps sous l'eau. Un film où la maman et son petit garçon ne sont jamais séparés trop longtemps. Un film où plus on s'entraide plus on survit. Un film où un père se sacrifie pour sa fille et son fiancé. Le fiancé de la fille, s'entend. Un film où quand le besoin d'un tournevis se fait pressant, c'est la croix en pendantif d'une des protagonistes qui en fera office. Un film où il y a quelques gentils qui meurent parce que quand même c'est pas facile la vie.
Poseidon, un film avec quelques scènes où les gens qui ont le vertige au-dessus de l'eau sont servis. Un film avec une scène où les protagonistes restent coincés dans un boyau étroit pendant un moment qui m'a paru durer des heures, et où une des femmes a une crise de claustrophobie.
Alors, oui, j'ai le vertige au-dessus de l'eau, et oui je suis plutôt claustrophobique.
Le film finit par se terminer même pas trop tard, et on se dit qu'on va rentrer et traîner un peu avant de se coucher. Histoire de rattrapper le coup.
Mais évidemment, vouloir quand même récupérer la soirée, ça méritait une punition de [inscrire ici toute divinité / entité supérieure / notion de hasard ou destin qui vous convient]. Laquelle punition s'est manifestée sous la forme extrêmement improbable d'un cône de circulation égaré sur une voie de l'autoroute, évité au dernier instant par la voiture de devant, trop tard pour nous permettre de changer de voie.
Bilan à la lueur des phares sur la bande d'arrêt d'urgence : l'avant-droit de la voiture défoncé, et le liquide de refroidissement décidant de se faire la malle, et en vitesse.
Donc entre nous, le top du chic en ce moment, pour un vendredi soir, c'est de passer une heure et demie sur une bande d'arrêt d'urgence, à appeler l'assurance, la police, la dépanneuse, donner sa déposition... le tout dans un petit vent sympathique. Soyez Palace !
Et la nougatine sur le gatal, c'est quand quelqu'un annule la soirée à laquelle il se rendait pour venir vous chercher. Même s'il prétend que de toute façon la fille qui l'invitait n'était pas jolie.
Bleah, quoi.
Improvisé par Krazy Kitty à 12:45 in Stormy Weather
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25 mai 2006
119 - Marvellous Marvin, la suite
Adoncques, Marvin Minsky nous a donné une autre conférence toute miaou-miaou, avec plein de choses à penser dedans et aussi un peu trop d'affirmatives à mon goût. Et elle n'avait un rapport qu'indirect avec son titre. Et j'ai du partir avant la fin.
Pour ceux qui voudraient du détail, les notes que j'ai prises sont traduites (j'aurais pu les laisser en anglais, quand je pense que seul Souffleur de Brume va s'y plonger) et ici : minsky_uci_25_05_2006.pdf. Bien évidemment, ce sont mes notes ; elles sont susceptibles d'être bourrées de fautes et d'imprécisions ; j'ai retranscrit les références aussi fidèlement que possible, mais ça ne veut pas dire que je sais de quoi ça parle, précisément ; ce sont juste, disons, quelques pistes de réflexion. Je suis évidemment ouverte à toute critique (constructive, cela va de soi) ou précision et disponible pour détailler plus avant et dans la limite de ma petite mémoire un point ou un autre.
Sinon, je tenais à dire qu'il me semble assez probable que ce que disait Marvin Minsky au sujet de la science-fiction qui est le seul genre littéraire qui soit un véritable réservoir à idées ait aussi été exprimé par Kurt Vonnegut Jr. dans un de ses romans mettant en jeu l'auteur de science-fiction Kilgore Trout, par exemple God Bless You, Mr Rosewater. Ou pas.
Et arrêtez de m'annoncer que Claude Piéplu est mort : je sais. Je vous ai déjà parlé de mon projet de communication basé sur quatre mots, qui ne seraient pas Ga, Bu, Zo, Meu mais meep, glop, bleah et prout ? Les combinaisons sont autorisées, ainsi toute chose gentille ou bonne nouvelle pourra se dire "meep glop", ou "glop meep", voire "meep meep glop" si c'est vraiment miaou-miaou. Tandis que "bleah prout", c'est l'insulte suprême, encore pire que "rutabaga" ou "topinambour". Toute relation dans laquelle la conversation peut se dérouler uniquement avec ce langage sera déclarée sans danger. Les autres relations, par contre, seront estimées à haut potentiel d'altération émotionnelle et intellectuelle.
Et sa dernière once de santé mentale de s'enfoncer dans l'océan glacé de la folie furieuse...
Improvisé par Krazy Kitty à 17:29 in It's wonderful
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24 mai 2006
118 - Marvellous Marvin
Un mercredi soir, à 19h, dans un amphithéâtre select à 35 minutes de chez moi, après un bref apéritif composé de boissons raffinées et de petits fours pour environ mon salaire mensuel, parmi une floppée de gens élégants (autrement dit, des professeurs) et quelques égarés en jean-t-shirt-pas-repassé (on appelle ça des étudiants).
Marvin Minsky donne une conférence sur les enjeux de la construction de machines intelligentes.
Ou plutôt, Marvin Minsky parle. Il évoque une multitude d'idées, toutes tournant autour de l'apprentissage et de la cognition.
"Marvin Minsky". Tout
le monde dans la salle avait déjà entendu ce nom avant d'apprendre sa
visite à l'UCI. Marvin Minsky, un monstre du MIT...
Il se base sur l'idée que la construction de machines intelligentes capables de capturer la cognition humaine est la clé de l'immortalité. Un point de départ discutable... mais qui fait émerger une kyrielle d'idées.
Il parle de l'apprentissage du langage. De cinquante années d'efforts basés, depuis Noam Chomsky, quasiment uniquement sur une approche grammaticale, aux dépends d'une approche sémantique. Qu'il propose d'étudier en collaboration avec des critiques littéraires, personnes qui selon lui sont les plus à même d'analyser la signification d'un mot dans un contexte.
Il parle d'éducation. D'apprendre à apprendre ; d'apprendre à reconnaître et valoriser différentes façons d'apprendre, notamment chez les enfants ; de la difficulté d'introduire ces concepts dans le système éducatif traditionnel. Illustre par une anecdote, celle d'une petite fille de trois-quatre ans, capable d'additionner rapidement quinze et quinze, parce que papy tout le monde sait que seize et seize font trente-deux.
Il parle de l'incongruité de l'apprentissage par renforcement ; les meilleurs élèves n'ont jamais été ceux qui étaient intéressés par recevoir de bonnes notes ou effrayés des conséquences négatives d'une mauvaise note, ou du moins pas très longtemps ; ce sont des enfants qui ont trouvé, quelque part, une raison d'apprendre, consciente ou non.
Il parle de mémoire à court terme, de mémoire photographique, pour renier son existence réelle ; affirme avec force que ces personnes qui retiennent des quantités phénoménales de choses n'y arrivent que parce qu'elles consacrent une énergie phénoménale à les retenir.
Il s'émerveille sur la science-fiction, seul genre littéraire selon lui à faire appel à des idées nouvelles. Les romans, dit-il, déroulent les conséquences d'un ou de plusieurs choix dans une vie normale ; la science-fiction, c'est tout le reste.
Il parle de religion aussi, prend le contrepied de Pascal, s'en prend aux religieux de tout poils, et démontre en quarante-cinq secondes pourquoi il est pessimiste de croire en quelque dieu que ce soit.
Il lance la polémique dans l'auditoire en développant son point de vue sur les émotions, trame de son dernier livre à paraître en automne. Les émotions, selon lui, ne sont qu'un mécanisme cognitif de plus. Opposer la raison et les sentiments ? Bullshit ! lance du pupitre auquel il s'agrippe le vieux professeur. Les émotions ne font que désactiver certains modules d'apprentissage du cerveau, ajoute-t-il. Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'ébauche de The Emotional Machine sur sa page web.
Pendant une heure trente, Marvin Minsky a tenu avec humour son public en haleine, surprenant parfois par la vigueur de ses convictions, mais surtout par sa vivacité d'esprit et sa façon de passer avec intelligence d'une idée à une autre, de naviguer avec insouciance entre sociologie, psychologie, mathématiques et informatique.
Bon, ben il me reste grosso-modo cinquante-cinq ans pour atteindre son niveau, il est encore trop tôt pour désespérer...
Et en attendant, il garde en réserve "trois théories peut-être nouvelles sur l'intelligence" pour demain après-midi. Miaou.
Improvisé par Krazy Kitty à 22:31 in It's wonderful
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23 mai 2006
117 - Beau fixe
C'est un miracle, depuis deux jours il fait beau, mais vraiment beau, genre beau avec ciel bleu sans nuage et chaud, aussi. Bon, chaud pas trop, mais chaud, quoi. Je ressors des placards (oh que j'aime cette expression qui sous-entend que je pousse le luxe jusqu'à avoir plusieurs placards) mes jupes qui y étaient enfermées depuis février (bah oui, il fait le temps qu'on aurait du garder depuis janvier mais qui s'est incompréhensiblement transformé mi-février en une espèce de bouillie immonde style nuages et vent frais). Donc, je revis.
Et je vous colle la suite promise hier de mes égarements photographiques.
Hinhin.
Fleur d'ocotillo (Fonquieria Splendens)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Ocotillo (Fonquieria splendens)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Fleur d'aloes (re) (Agavi americana, toujours)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Cactus hérisson (Echinocereus triglochidiatus)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Beauté du désert (dont le nom m'échappe)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Fleur de raquette ou queue de castor (Opuntia basilaris)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Voilà.
Improvisé par Krazy Kitty à 13:33 in Trav'lin' light
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22 mai 2006
116 - Ah, les vacances...
Il était une fois une époque heureuse où mon karma était gentil, où une famille de quatre Chinois ne remplissait pas ma maison d'une persistante odeur d'ail frit difficilement combattue par mes fidèles alliées, Bougie-Vanille et Bougie-Pomme-Glacée et de clameurs (là, par contre, il n'y a pas un bruit qui ne puisse être anéantit par une dose massive de Rammstein, de musique des films de Fellini, ou de Nellie the Elephant), où les petits lapins gambadaient gaiement dans les vertes prairies sous de chatoyants arcs-en-cieux...
Aparté :
Les petits lapins gambadent toujours dans les vertes prairies. D'ailleurs, cela provoque chez la gent féminine un attendrissement touchant :
"- Heeeeeeey look over there! Look at the bunniiiiiie, cute little bunny! Hello, little bunny! He's so cuuuuuute, he's just a baby bunny!"
"- Oooooooooh, regarde là-bas ! Regarde le lapin, joli petit lapinou ! Coucou, petit lapin ! Il est troooooop chou-meugnon, c'est un bébé lapinou !"
et chez la gent masculine une gamme de réactions allant du courtois approuvement :
"- Yes sweetie, it's a bunny. Yes, it's kinda cute. (What wouldn't I do to get laid)"
"- Oui chérie, c'est un lapin. Oui, il est plutôt mignon. (Ce qu'on ferait pas pour coucher)"
au dédain le plus total :
"- Yeeeees, that's a ra-bbit. A freaking rabbit. Look, it's all like "Oh there's a human being over there! Oh, let's turn my head the other way so he won't see me! Hehe, I'm so smart!". Stupid rabbit..."
"- Ouiiiii, c'est un la-pin. Une saleté de lapin. Non mais regarde, il fait genre "Oh, il y a un être humain là-bas ! Oh, je vais tourner ma tête de l'autre côté, comme ça il ne me verra pas ! Héhé, je suis si futé !". Crétin de lapin..."
Et, comme je l'ai déjà dit, les lapins vivent dans des terriers. J'insiste. Les lapins ne vivent ni en se cachant dans les herbes, ni dans de vulgaires trous : les lapins vivent dans des terriers.
Quant à ceux chez qui une allusion aux lapins dans les vertes prairies et à des arcs-en-cieux ferait penser à des plaisirs solitaires, il faut arrêter de lire Something Positive. Tout de suite.
Fin de l'aparté.
En ces temps reculés, donc, c'était les vacances. Vacances pendant lesquelles j'ai mitraillé le paysage (je parle de photo, bande de brutes). Notamment, la végétation. Ainsi, donc, quelques photos...
Cactus "tonneau" (Ferocactus wislizenii)
Photo prise le 26 mars 2006 à la mission San Luis Rey de Francia
Cactus à coutures (dont je ne connais pas le nom, soyons franche)
Photo prise le 26 mars 2006 à la mission San Luis Rey de Francia
Cactus à coutures tordu (dont je ne connais manifestement pas plus le nom)
Photo prise le 26 mars 2006 à la mission San Luis Rey de Francia
Yucca
Photo prise le 29 mars 2006 dans le désert des Mojaves
Fleur d'aloes (Agavi americana)
Photo prise le 1er avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
Teddy bear cactus ou jumping cholla (Opuntia bigelovii)
Photo prise le 2 avril 2006 dans le désert de l'Anza-Borrego
La suite, demain. Il ne faut pas trop abuser des bonnes choses.
Improvisé par Krazy Kitty à 21:25 in Trav'lin' light
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21 mai 2006
115 - Rions un peu avec Google
J'ai comme l'impression que l'atmosphère sur ce blog est légèrement plombée... J'avais décidé à l'époque où je suis arrivée aux Etats-Unis que mon blog se voudrait léger et plutôt drôle, dans le genre "montrons aux gens que je ne me fais pas manger par les vilains américains et rions ensemble de nos différences culturelles".
Et puis il s'est trouvé que même si je survis vaillemment, j'ai eu droit à un bon gros lot de "prends-toi-ça-dans-les-gencives", du style qui fait ouch mal, et que la thérapie du "couche donc par écrit ce qui te trotte dans la tête" ayant déjà fait des miracles - ou presque -, et la plate-forme dédiée à accueillir mes mots étant déjà toute prête, là, sur American Rhapsody, je me suis un peu laissée aller.
Ceci étant, quelques précisions :
1 - la demi soeur de thom dans sous le soleil, je ne la connais pas, mais lui doit la connaître ;
2 - je suis fille unique, cherchez pas ;
3 - blog altiste, oui, certes... ;
4 - un verre de terre amoureux d'une étoile, il meurt à la fin, c'est dangereux ;
5 - je ne traduis pas les paroles des chansons. Point.
Par ailleurs, l'habitat naturel du lapin est le terrier et non pas le clapier, ni la garenne, ni le bâtiment cunicole (du latin cuniculus, lapin).
Improvisé par Krazy Kitty à 15:25 in
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20 mai 2006
114 - L'histoire triste de la semaine
C'est l'histoire banale d'un homme de presque quatre-vingts ans. Un homme dont la vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille, sans être particulièrement tumultueuse. Un homme qui a toujours vécu dans le plus grand respect des traditions américaines ; un ancien employé des aciéries de Pennsylvanie, qui coule une retraite paisible sous le soleil de Floride avec sa femme, recevant de temps à autre la visite d'un de leurs nombreux petits-enfants. Appelons-le Floyd.
Par une chaude journée de septembre, Floyd apprend qu'il est atteint d'un cancer du poumon. Quelques thérapies sont entreprises, sans succès. En janvier, son médecin lui propose d'envisager une dernière solution, une chimiothérapie qui pourrait, peut-être, augmenter son espérance de vie, alors évaluée à moins d'un an. Seul hic, le médicament en question coûte 2000 dollars par mois, une somme dont Floyd est loin de disposer.
En France, dans une telle situation, une commission de professionnels de la santé, plus ou moins spécialisés en oncologie, se réunit, pour décider de l'intérêt du traitement, en fonction des chances de réussite, des desiderata du malade... puisque c'est l'hôpital qui paye. Et c'est un sujet délicat, que de décider dans quelles situations dépenser beaucoup d'argent pour un espoir minime de sauver un malade.
Aux Etats-Unis, c'est plus facile, c'est au malade de payer, point.
L'efficacité du traitement restant plus qu'hypothétique, Floyd décide de s'abstenir d'emprunter de l'argent pour se le procurer. Il refuse aussi d'accepter de l'argent de ses enfants, sachant qu'ils devront faire de sérieuses économies pour se le procurer. Désormais, il ne prend plus que des anti-douleur.
Mais Floyd a un petit-fils différent des autres. Un petit-fils qui est le seul de sa famille étendue à être allé à l'Université, et qui poursuit d'ailleurs des études doctorales. Un petit-fils qui, dans sa dernière année de licence, a développé avec un autre étudiant un circuit intégré sur les détails techniques duquel nous jetterons pudiquement un voile de discrétion la plus totale. Invention sur laquelle les deux jeunes gens déposent un brevet début avril.
Et le petit-fils (appellons-le désormais le blondinet pour plus de clarté et de cohérence) commence alors à nourrir l'espoir de vendre le dit brevet et de pouvoir payer à son grand-père le traitement qui pourrait le soulager quelques temps.
Dans une période frénétique de surcharge de travail et soucis administratifs, le blondinet est contacté par un grand groupe industriel avide de plus d'informations sur ledit circuit intégré. Ses espérances commencent alors à devenir plus tangibles. Enfin, il organise une réunion avec son co-inventeur et les industriels pour un vendredi de mi-mai.
Le lundi précédent cette réunion, l'état de Floyd empire et celui-ci doit être transporté à l'hôpital. Son petit-fils est de plus en plus résolu à tout mettre en oeuvre pour convaincre les industriels.
Mais, soudainement dans la matinée du jeudi, le moniteur cardiaque de Floyd n'émet plus qu'un long biiiiiip prolongé digne des meilleurs épisodes d'Urgence.
Et la crémation a lieu au moment même où le blondinet se dirige vers son rendez-vous...
That's the way life goes, and life's a bitch.
Improvisé par Krazy Kitty à 19:53 in Kind of Blue
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