Keep in touch

Date

« avril 2006 »
dimlunmarmerjeuvensam
      1
2 34 5 67 8
91011121314 15
16 1718 192021 22
2324 25 26272829
30       

et heure (en Californie)

Krazy Kitty © 2005-2007

Krazy Kitty en Californie

28 avril 2006

105 - Je ne fais que passer

Ta vie est belle, calme, tranquille ? Un soleil chaleureux brille gentiment sur un monde sans nuage dans lequel le ciel est bleu, la vie est rose et les petits oiseaux chantent ?

Alors, c'est sûr, c'est certain, ShelleyTheRepublican peut t'aider. La seule idée que quelqu'un puisse arriver à penser ça suffisamment pour le coucher sur le papier, ça donne envie de partir très très vite très très loin... et on sait comment je peut être difficile à effrayer parfois.

Je vous laisse, faut que j'aille vomir.

Improvisé par Krazy Kitty à 00:56 in Stormy Weather
Pitits Mots [13] | A reculons [0] | Lien indélébile

27 avril 2006

104 - Pitite pause

L'ennui, quand on achète des stylos par pack de huit couleurs différentes, c'est qu'il y en a toujours un qui n'est pas présentable. Rose, en l'occurence. Et qu'il faut bien le rentabiliser...

lettre2

[Clique bien fort sur l'image pour la voir en plus grand]

En attendant mon retour sur la blogosphère (j'aime bien dire "blogosphère", ça fait hype, fille dans le vent et tout), je vous mets un nouveau layout que vous allez pouvoir critiquer à loisir - sachez tout de même que je fais des références stupides à West Side Story si je veux, j'ai une profonde admiration pour Leonard Bernstein qui ne regarde que moi, et même que quand je suis de bonne humeur je siffle I feel pretty dans ma salle de bains, c'est dire à quel point c'est important, West Side Story.

Plus : des photos de mon salon tout nouvellement meublé dans 7632, Palo Verde Rd. Pour des meubles choisis uniquement pour leur prix (quarante dollars la table, les quatre chaises et les deux tables basses, tout ça parce que les chaises sont bancales - mais que ne peut-on pas faire avec un peu de carton, mon brave monsieur - et le vernis très abimé) et leur fonctionnalité, je trouve qu'ils auraient pu être plus moches. Un bref coup d'oeil ici ne fait que renforcer ma conviction...

Re-plus : Qu'est-ce qu'une personne qui tape "TOMATE OPHELIA" dans Google s'attend à trouver ? Hein ? Franchement ?

Improvisé par Krazy Kitty à 18:19 in All of Me
Pitits Mots [8] | A reculons [0] | Lien indélébile

103 - Yes, Mister President

Je sais pas vous, mais cette habitude qu'ont les Américains de dire "President Bush", avec déférence, là où le Français moyen colle du "Jacques Chirac" ou "Monsieur Chirac" s'il est poli, "Chirac" ou "Chichi" s'il ne l'est pas, ça me fait toujours un peu froid dans le dos.

Façon "Sir, yes, Sir"...

Improvisé par Krazy Kitty à 13:17 in Stormy Weather
Pitits Mots [4] | A reculons [0] | Lien indélébile

26 avril 2006

102 - SPEAK low*

* When you speak, love
(oui c'est une chanson de Kurt Weil, avec paroles d'Ogden Nash, interprétée notamment par Ute Lemper, Frank Sinatra et Dee-Dee Bridgewater, ça vous évitera de chercher dans Google, bande d'incultes).

SPEAK: Speaking Proficiency English Assesment Kit (alors, oui, ça a l'air de ne rien vouloir dire, mais on pourrait quand même traduire ça par Kit d'Evaluation Anglais des Aptitudes Orales, mais KEAAO ça le fait moins, tout de suite.). Ca ne se voit pas trop dans le titre, mais c'est un examen.

Si jamais certains d'entre vous ont entendu parler du TSE, ben le SPEAK, c'est pareil - en version cheap, autrement dit passable sur le campus pour moitié prix, mais valable uniquement pour l'UCI.

Pour pouvoir être TA (Teaching Assistant, grosso modo équivalent à chargé de TD en France), il me faut un score de plus de 50/60. J'ai donc vaillemment passé l'examen aujourd'hui.

Evacuons d'abord la question "Dis-moi, Krazy Kitty, pourquoi qu'tu veux être TA" (Attention, une référence hautement culturelle se cache dans cette phrase). Pour trois raisons, mon petit, pour trois raisons.

Neumbeur wane (1). C'est obligatoire pour mon PhD, je dois être TA au moins deux ou trois trimestres. (Deux pour l'instant, mais peut-être trois d'ici à ce que je finisse).

Neumbeur tou (2). J'aime bien enseigner, et je rêve d'une classe de post-ados désabusés, aux parents pleins aux as, le regard torve, me noyant sous une avalanche de questions stupides par e-mail et ne participant jamais en classe... (oui j'ai des copains qui en ont, de la chance, ils ont de ces classes, dites-donc, ça donne envie).

Neumbeur srii (3). Le salaire est non-négligeablement intéressant. Surtout pour les sessions d'été.

Donc, revenons à notre SPEAK.

Le SPEAK est un de ces examens hautement bien pensés où le candidat a un temps court et minuté pour réfléchir et répondre à chaque question (temps variant entre 30 et 90 secondes). De même que l'oral du Cambridge Advanced Exam, que j'ai déjà passé en France, mais qui ne me sert à rien puisqu'il n'est pas reconnu ici, si on va par là. (Le diplôme est joli, ceci dit).

Mais, alors que l'oral du CAE est un truc globalement foutrac, où deux examineurs interrogent deux candidats, tour à tour, puis simultanément, puis après on sait plus, le SPEAK, qu'on se le dise, c'est bien fait. En effet, tout se passe sur ordinateur. Après ving minutes de blabla, on vous colle un casque avec micro sur les oreilles (le casque, pas le micro, sur les oreilles. Le micro, c'est devant la bouche, hein. Ca marche assez bien comme technique), et on lance le programme.

Donc, l'avantage, c'est qu'on peut interroger plusieurs candidats en même temps. Seize, dans mon cas.

Et rester concentrée sur ce qu'on dit, essayer de dire le moins de bêtises possibles, d'éviter les tournures trop familières (ok, j'ai dit "this's kinda cool" dans un examen, j'assume, et d'abord c'est la faute de ma coiffeuse qui le dit tout le temps), quand y a quinze autres couillons en train de répondre en même temps que toi à la même question, même avec un casque sur les oreilles, c'est un vrai défi. Qu'à côté de ça, les oraux des concours où l'on doit se préparer pendant qu'un autre candidat passe, c'est du gatal au chocolat avec du coulis de framboises. (Amis préparationnaires, Krazy Kitty pense à vous, merci Krazy Kitty).

Sinon, on m'a posé des tas de questions intéressantes, savoir si je préfère visiter des monuments historiques ou lire à leur sujet (ben les deux, banane), quels sont les atouts des sports collectifs ou des sports ousqu'on est tout seul (euh, sport, quoi ça déjà ?), raconter une histoire à partir de petites images (ça m'a rappellé les entretiens chez la psychologue pour enfants, mais là j'ai pas eu le temps de broder que le footballeur tombait par-dessus la laisse du cocker parce que la patronne du clebs était une mafieuse embauchée pour l'empêcher de disputer le match, sur lequel de gros paris se tenaient, j'ai même pas eu le temps de décrire la dernière vignette, et d'ailleurs comment dit-on "mettre un but" en anglais, hein ?), ce genre de trucs.

Au final, ça s'est quand même pas trop mal passé (sauf que j'ai régulièrement été coupée au milieu d'une phrase et que je ne sais pas si c'est grave dites docteur). Menfin 50/60 c'est beaucoup quand même. Bref, résultats dans deux semaines.

PS. Non mais je filais droit en fait quand j'allais chez la psychologue pour enfants. J'étais sérieuse, comme môme. Puis fallait aller à Nice et tout, deux bonnes heures de route dans chaque sens, alors je me disais que j'étais pas là-bas pour rigoler. Mais je vous rassure, j'ai tenu bon, je lui ai jamais dit qu'y avait un garçon que j'aimais bien dans ma classe (non mais c'est quoi cette psychologue qui vous pose des questions personnelles comme si elle était votre meilleure amie hein ?), elle a jamais réussi à me faire dire des mensonges qui l'auraient bien arrangée regardant ma situation familiale, et elle a déclaré que j'avais l'esprit littéraire, tutto va bene.

Improvisé par Krazy Kitty à 17:32 in All of Me
Pitits Mots [4] | A reculons [0] | Lien indélébile

23 avril 2006

101 - Earth Day

Chaque année depuis 1970, le 22 avril est le Jour de la Terre (Earth Day ici). Journée dédiée à sensibiliser les foules aux questions environnementales et à célébrer la planète. Vaste programme, à base d'événements organisés notamment sur les campus universitaires et dans les écoles.

Samedi, donc, l'UCI a célébré la planète. Au moyen d'une grande foire qui se tenait dans Aldrich Park, le parc central du campus. Je suis consciencieusement allée faire un petit tour là-bas, vers la fin. Le ciel était couvert et il faisait aux alentours de 15°C (à savoir : froid). Il y avait un vague concert rock, quelques stands tenus par des fraternités (Alpha Beta Kappa Pi Delta au rapport) et certains clubs.

Et en quinze minutes j'ai croisé trois camionettes dans une zone habituellement piétonne (l'une d'elle rejetait des gas particulièrement pestilentiels) et un nombre impressionant de détritus sur l'herbe. Remarquez, il paraît que selon les départements, les étudiants ici ne sont pas tous des flèches...

Je sais pas pourquoi, mais je trouve que le nettoyage de campus de mon école de télécommunistesquants/cateurs chérie avait plus de sens...

PS. Quand on lit sur le calendrier "Tag der Ende" (jour de la fin) en lieu et place de "Tag der Erde" (jour de la Terre) et que la seule remarque qu'on se fait est : "Ah tiens, marrant", peut-être bien qu'on est fatiguée.

Improvisé par Krazy Kitty à 22:44 in I'm a stranger here myself
Pitits Mots [1] | A reculons [0] | Lien indélébile

20 avril 2006

100 - Réflexions

Oui, parfois, je pense. Etonant, non ? (Je suis même capable de mettre des références hautement culturelles, c'est dire).

Ca faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu de politique ou d'analyse sociologique sur ce blog (tellement longtemps que tout est sur la première version), et j'ai beau être une sale gosse fille rigolote, j'aime bien réfléchir à où je mets les pieds parfois.

En l'honneur de cette centième note, donc, quelques considérations sur la société américaine. Un billet écrit à la sueur de mes petits doigts agiles, et où l'on verra encore une fois que je ne suis qu'une sale gauchiste, encore une de ces jeunes idéalistes, mais il serait temps de grandir et de devenir réaliste ma petite. Oui mais non, justement.

En un peu plus de sept mois, je n'ai pas vraiment changé d'avis sur les Etats-Unis. C'est surprenant. J'étais venue avec l'impression que mes a priori n'étaient sûrement que ça, des a priori, véhiculés par des films forcéments caricaturaux, des intellectuels forcément aigris, des clichés forcément grossiers. Je ne cesse de m'étonner de voir combien ces clichés sont proches de la vérité. Les films, sachez-le, n'exagèrent pas grand chose sur la vie d'une petite ville perdue au beau milieu du nulle part américain.

J'ai récemment passé quelques heures dans la charmante petite ville de Beatty, Nevada : son saloon, ses motels, sa station service, son casino, son troquet mexicain. Le motel était tenu par un hippie sur le retour, shooté jusqu'aux oreilles, foulards de couleur, jeans pattes d'ef'... Le casino, en ce mercredi soir de printemps, était fréquenté par un groupe de routiers essayant de former une table de poker et une bande d'habitués, petits vieux fatigués et petites vieilles énervées, assis chacun face à une machine à sous, introduisant des pièces et appuyant sur des boutons avec méticulosité. La clientèle du troquet mexicain était essentiellement masculine : types en barbe et cheveux blancs et abondants, Stetson sur le crâne, joues roses et pipe au coin du bec, voisinant avec des copies conformes du cow-boy de The Big Lebovsky. Voilà, The Big Lebovsky, c'est ça. Si vous avez vu ce chef d'oeuvre des frères Cohen, vous avez vu les Etats-Unis... Sans oublier Delivrance pour transcrire l'atmosphère des petites villes paumées dans la montagne...

Bon, avec Delivrance j'exagère un peu, mais en sillonant l'est de la Californie, les longues routes droites et désertes (souvenez-vous de la route qui mène à Vegas dans Fear and Loathing in Las Vegas - plus connu sous son titre français de Las Vegas Parano), en me retrouvant la nuit dans une station essence du Nevada flanquée d'un saloon miteux et d'une pancarte illustrée par un être blanchâtre vaguement humanoïde annonçant fièrement la dernière station avant l'Area 51 [1], j'ai compris. J'ai compris Stefan King, j'ai compris Hotel California des Eagles, j'ai compris tous ces films qui se passent dans un trou perdu de Géorgie ou du Nebraska (The Gift (Intuitions, en français), me revient particulièrement à l'esprit, sans que je ne sache pourquoi) : tout d'un coup, cela paraît possible.

En un peu plus de sept mois, donc, j'ai pu observer moi-même et me forger une opinion. Et finalement, ce qui me choque le plus, ce qui est le plus dur à vivre quotidiennement, ce qui me donne le plus envie de faire mes valises et rentrer chez ma maman, ce qui fait que chaque jour passé ici renforce le sentiment qu'il est hors de question que je passe ma vie ici, qu'il est hors de question que j'élève un enfant ici, c'est l'individualisme.

La société américaine, c'est un ensemble de gens forcés de vivre les uns pas trop loin des autres et d'interagir.

Alors, oui, je me sens décalée. Avec ma culture méditerranéenne et judeo-protestante (la branche juive se trouvant des origines algériennes, espagnoles et berbères, la branche huguenote descendant comme de bien entendu des Cévennes et de Nîmes), mes vingt et quelques années passées en France (ah, l'hospitalité des gens de ch'nord), mes vacances en Italie, en Espagne et au Maroc... Moi qui pourtant ne suis pas très sociable, je me trouve soudainement avenante et chaleureuse.

Ah, les Américains, eux, sont "friendly". Il n'y a pas de traduction exacte pour ce mot. Etre "friendly", c'est être chaleureux, mais en surface, au premier abord ; c'est une chaleur hypocrite. C'est rendre service à un inconnu, si cela ne demande pas plus de quelques minutes. C'est donner l'accolade à des étrangers, leur taper dans le dos (pour les hommes), passer son bras sous le leur (pour les femmes)... mais sans que cela ne corresponde à quelque réalité que ce soit.

La chaleur humaine et l'humanisme (la faculté de s'intéresser aux hommes en tant qu'humains, qu'êtres vivants ; de valoriser des qualités humaines, plutôt que le salaire, la richesse, la position sociale...) , voilà ce qui manque le plus aux Etats-Unis, le pays où quand on entre dans un restaurant, on est systématiquement placé à une table la plus éloignée possible des autres consommateurs ; le pays où l'on part en vacances avec un camping-car énorme et le tout-terrain derrière, pour être sûr de pouvoir vivre en autarcie, sans avoir affaire à ses congénères ; le pays où le concept de café du coin n'existe que dans sa version hype à New York ou San Francisco...

En fait, je pense que c'est même institutionnel. Les valeurs annoncées par la Constitution américaine sont la vie, la liberté et la recherche du bonheur ("Life, Liberty, and the Pursuit of Happiness"). A comparer avec "Liberté, Egalité, Fraternité"... Alors que les notions d'égalité et de fraternité sous-tendent celles de communauté, de partage et d'entraide, celles de vie et de recherche du bonheur semblent beaucoup plus personnelles. Il serait illusoire de croire que la France ou les Etats-Unis prennent appui, dans les faits, sur leurs trois piliers respectifs, mais on sent dès le départ (1789 aux Etats-Unis, 1848 en France malgré des origines dans la Révolution) une volonté politique différente.

Quid du "E pluribus unum", devise américaine que l'on pourrait traduire par "de plusieurs, un" ou encore "l'union fait la force" ? J'ai longtemps pensé, naïvement, qu'elle faisait référence à une idée de fraternité, de partage, de démocratie peut-être. Hélas, l'histoire se veut plus prosaïque, et la devise se rapporte uniquement au statut de république fédérale du pays, tout constitué d'une multitude, oui, mais d'états fédérés.

Et puis, ce n'est plus la devise américaine, qui depuis 1956 [2] a été remplacée par le (encore trop peu) controversé "in God we Trust" (Nous croyons en Dieu). Ayant appris dès les bancs de l'école tout l'intérêt de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, j'ai tendance à ne pas trouver ça très progressiste. D'ailleurs la fameuse "Establishment Clause" du premier amendement de la Constitution américaine interdit toute loi qui viserait à établir une religion d'Etat ou préférer une certaine religion, comme quoi les pères fondateurs avaient encore le protestantisme suffisamment vissé au corps pour ne pas tomber dans les dangers du prosélytisme politique [3]... Et comme quoi il a l'air plus facile de s'arranger avec l'esprit du premier amendement pour introduire Dieu dans la choucroute que d'interpréter le deuxième de sorte à réguler l'utilisation des armes à feu.

De fait, la religion est très présente ici. Les gens affichent leurs croyances beaucoup plus facilement et fièrement qu'en France, où l'on a de plus en plus tendance à considérer ça comme une affaire privée. Je parle quand même d'un pays où il y a régulièrement des polémiques qui remettent en cause l'enseignement du Darwinisme et de la théorie de l'Evolution pour leur préférer la version biblique d'un Homme créé à l'image de Dieu-le-père (celui qui est dans l'annuaire entre Dieulefit et Dieu-vous-garde)... Et c'est là que s'exprime l'instinct grégaire de l'être humain. Les communautés, ici, ne sont pas formées de voisins, de piliers de bars ou de copains chasseurs / motards / boulistes / champions de macramé [4]. Les communautés sont religieuses, formées de fidèles d'une même Eglise.

Moi qui avais l'habitude de plaisanter (avec un bonheur discutable) que sur les billets de banque, on devrait plutôt lire "In Gold we trust" (Nous croyons en l'or), j'ai réalisé en arrivant ici que Dieu fait souvent autant partie intégrante de la vie américaine que l'argent...

Les fondements politiques eux-mêmes sont donc de sorte à justifier et renforcer la réticence qu'ont les Américains à voir leur gouvernement interférer avec la vie des citoyens. Les généreux trouvent pour la plupart qu'ils sont en droit de décider comment disposer de leur argent pour aider leur prochain - et rejettent l'idée qu'un gouvernement bien organisé pourrait faire bien plus efficace que leurs efforts disjoints, sous prétexte de corruption, de détournement de fonds, et de vouloir voir à quoi leur argent est utilisé. Si l'on trouve de plus en plus de Français à partager cette vision des choses et à souhaiter un Etat plus gendarme que papa-poule, je suis d'avis qu'une société est une communauté et que la notion d'entraide est inhérente à celle de vie en communauté [5].

Ici, donc, foin de solidarité gouvernementale. Marche ou crève est amplement suffisant ; et la notion de mérite, bien que totalement corrompue, est omniprésente. Ne me demandez pas comment on peut avoir du mérite à réussir grâce à l'argent des parents qui vous a permis, à vous et pas aux autres, un accès à des soins médicaux et une bonne éducation : je ne sais pas.

Toujours est-il que les Etats-Unis me semblent tenir sur des fondations qui sentent très mauvais des chaussettes, encore plus qu'en France, où tout part à vau-l'eau ma bonne dame, mais qui n'en semblent pas moins convenir à ravir à la sacro-sainte libre-entreprise du sympathique Nord économique. Ce qui me laisse plus que suspicieuse quant à un quelconque espoir en l'humanité, mais bon, ça n'est pas neuf. Je prends juste pleinement conscience de l'ampleur de la tâche de qui voudrait réintroduire un peu de moralité [6] dans ce monde de requins aux dents qui rayent le parquet, où l'épanouissement personnel est synonyme de celui de votre compte en banque.

Et je verse une larme sur mon impuissance à faire mieux que de rêver...

--
[1] Rappelons ici que l'Area 51, zone militaire paumée en plein Nevada, est aussi la zone ou OVNI et autres phénomènes extra-terrestres semblent prolifèrer. C'est là où se trouve Roswell, par exemple. Il faut avouer qu'ils sont bien cons, ces extra-terrestres, d'aller se poser dans une zone militaire américaine, menfin ils pouvaient pas deviner. A leur décharge, y a pas un désert américain qui n'ait pas un bout de zone militaire dedans...

[2] Oui. 1956. Alors que la France se traîne un hymne national barbare parce que personne n'a osé le changer depuis quelques siècles, les Etats-Unis endurent une devise nationale réactionnaire et moyen-âgeuse parce qu'ils l'ont changé pour telle il y a cinquante ans. Ca fait peur, hein...

[3] Noter ici la partialité totale de l'auteur en matière de religions, qui ne peut pas s'empêcher de trouver quelques qualités à l'Eglise Réformée.

[4] Un jour, quelqu'un m'expliquera ce qu'est le macramé, et je ne trouverai plus ça drôle. Non Google n'est pas mon ami.

[5] Mon exemple préféré dans le domaine des bienfaits de l'entraide est celui de l'Andalousie, relevée du désastre économique dans lequel elle s'asséchait par l'argent de l'Union Européenne (probablement C.E.E. à l'époque mais j'ai la flemme de vérifier), utilisé notamment pour la construction d'infrastructures de qualité. Enfin, je n'ai pas envie de ressortir des vieux morceaux de débats pro-union européenne, là n'est pas mon propos.

[6] Une notion de moralité toute personnelle, au sens ou par exemple amasser de l'argent est amoral et héberger illégalement un être humain est moral.

Improvisé par Krazy Kitty à 21:08 in I'm a stranger here myself
Pitits Mots [15] | A reculons [0] | Lien indélébile

19 avril 2006

99 - What's with the freaking conformism?

Pourquoi donc suis-je la seule à ne pas trouver ça horriblement déplacé d'avoir un lit en guise de canapé provisioire dans le salon ?

movingout51


M'énerve, ça, les gens, toujours à s'extasier sur des images décalées, mais le jour où ils voient un lit comme seul meuble dans un salon, leur petit univers en est bouleversé... Bande de gens, je vous jure.

C'est même pas comme si je trouvais ça hype, c'est juste que je veux un endroit où m'avachir tranquillement dans mon salon avec mon café et de la lecture (enfin, de la lecture, en ce moment, c'est Graphical Models, de M. Jordan, une référence, mais pour la détente on repassera...).

Improvisé par Krazy Kitty à 11:03 in Stormy Weather
Pitits Mots [4] | A reculons [0] | Lien indélébile

17 avril 2006

98 - Plus que deux...

Parce qu'il faut nettoyer les parties communes (cuisine, salon, couloir, salles de bain) : récurer la couche d'huile déposée sur le placard au-dessus des plaques électriques, frotter le dessus du frigo, aspirer les recoins, gratter les petites taches sur le sol, nettoyer le four, lessiver les murs de la cuisine, faire briller les brûleurs, découvrir des substances non identifiées agglutinées au fond des tiroirs, balayer des zillions de cheveux qui font rien qu'à s'envoler... Et que ça donne vraiment l'impression d'avoir vécu six mois dans une porcherie.

Parce que de nombreux meubles appartenaient à celle qui s'en va : plus de table, plus de chaises, plus de canapé, plus de table basse, plus d'étagères dans le salon, plus d'étendoir à linge... et presque plus de plantes non plus. Même que ça résonne drôlement.

Quand je disais, plus rien...

movingout1

Parce que c'est ma coloc préférée qui s'en va : plus de discussions impromptues au détour d'un couloir, plus de scéances d'essais culinaires, plus de déjeuners partagés, plus de virées improvisées au magasin de plantes...

Parce que je vais me retrouver seule avec ma coloc chinoise, avec les batailles sur la température du frigo (non mais si je voulais qu'ils gèlent, mes légumes, je les mettrai au congélo, non ?), la cuisine jamais nettoyée après une scéance enthousiaste de friture d'ail et de poisson, la télé à fond dans sa chambre, les conversations téléphoniques hurlées, les poubelles jamais descendues...

Même si pour quelques mois j'ai enfin de la place dans les placards de la cuisine, une salle de bains pour moi toute seule, une chambre d'amis pour faire genre...

Même si Amy déménage à quelques minutes à pieds de chez moi...

Moi, je schtroumpfe pas les déménagements.

PS.  L'album 7632, Palo Verde Rd revient, avec de nouvelles photos !

Improvisé par Krazy Kitty à 17:05 in Kind of Blue
Pitits Mots [6] | A reculons [0] | Lien indélébile

13 avril 2006

97 - Vous reprendrez-bien un peu de désert ?

Tiens, j'ai le jeu de mot facile moi en ce moment.
Facile, mais pas nécessairement heureux.
Il paraît que mes fréquentations (virtuelles, hélas, parce que mes fréquentations réelles de francophones sont extrêmement réduites, et avec elle les occasions de m'entraîner à l'art du jeu de mot - hum) ne s'arrangent pas.

J'avais promis camions, couchers de soleil, cailloux et cactus, et ne m'étant toujours pas acquittée de la deuxième partie de ce programme, voilà-t-y-pas qu'y m'dit [1] que j'ai réalisé que j'avais oublié le sable.

Ainsi donc, dans toute leur splendeur, les dunes de Kelso, dans la Mojave National Preserve.

desert1
Effets du vent sur le sable. Remarquer ici où là quelques vagues plantes qui tentent de survivre. Photo prise le 28 mars 09 dans les dunes de Kelso (Mojave National Preserve, CA)

desert2
Trace de mes petits pieds (chaussés de baskets 38) dans le sable. Noter l'effet d'optique qui fait que certains verront les empreintes en bosse plutôt qu'en creux. Photo prise le 28 mars 06 dans les dunes de Kelso (Mojave National Preserve, CA)

desert3
Dunes de Kelso (Mojave National Preserve, CA). Photo prise le 28 mars 06.


A défaut des habitants les plus connus de ce désert (à savoir : tarentules, crotales, serpents à sonnette), j'ai vu un lièvre des sables détaler devant moi, par deux fois. Je n'ai même pas essayé de le prendre en photo ; j'ai préféré me faire un souvenir aussi précis que possible de ces quelques secondes : l'animal bondissant, ses oreilles démesurées terminées par une touffe de poils noirs, et le silence.

De même, j'ai aperçu un road-runner (plus connu par les amateurs de Tex Avery sous le nom de Bip-Bip, ennemi juré du Coyote) qui traversait la route, mais le temps que j'allume mon appareil, il aurait déjà été loin.


[1] Oups, envolée lyrique involontaire

Improvisé par Krazy Kitty à 20:29 in Trav'lin' light
Pitits Mots [7] | A reculons [0] | Lien indélébile

12 avril 2006

96 - Le Doigté de l'Altiste (1)

En société, il y a les gens qui savent se tenir, et ceux qui ne savent pas. Au sujet de ces derniers, la saga de Giant Panda intitulée Le Pressing de la diplomatie "pour le tact, tu repasseras..." (jeu de mot dont je n'arrive pas à me lasser) ne laisse aucun doute : l'édifiant récit de mésaventures diplomatiques n'est pas sans déclencher à peu de frais l'hilarité et la compassion du lecteur.

Ainsi donc, pour détendre quelque peu l'atmosphère entre deux analyses socio-économiques poussées sur les Etats-Unis, dont le plus pur style "ces gens-là... les Américains... ils sont un peu bizarres quand même... non ?" et la densité intellectuelle auraient de quoi fatiguer le plus endurci des neurones de lecteurs (non mais les gens, là, avouez-le que vous utilisez pas plus d'un neurone pour me lire, quoi), j'ai décidé d'un parfait accord avec moi-même et suite à une suggestion de Giant Panda lui-même (laquelle suggestion ayant failli tomber dans l'incompréhension la plus totale suite à une défection synapsique momentanée de mon côté de la conversation sur laquelle je ne m'attarderai pas plus longtemps), d'inaugurer dès ce soir (car oui lecteur, en Californie, il est le soir) une nouvelle série dans laquelle je compte vous donner les meilleurs exemples de mes éclats en société. Notez je vous prie que j'ai parlé d'allègement intellectuel (si, si, j'avais fait des notes politiques une fois ou deux mais elles sont sur mon ancien blog), pas de diminution de la longueur des phrases ; parce que la concision, je me torture suffisamment pour la réserver à mes articles scientifiques.

Cette rubrique, que je ne comptais pas ouvrir de sitôt mais dont le lancement a été précipité par un incident dont la saveur, je l'espère, ne sera pas sans vous délier un minimum les zygomatiques ou les glandes lacrymales, s'appellera Le Doigté de l'Altiste, car, comme ceux d'entre vous qui sont musiciens (classiques) ont déjà du l'entendre sous une forme ou sous l'autre, la différence entre un diplomate et un altiste, c'est que l'un ne sait pas à quoi sert le doigté. Et, ça tombe mal, je suis justement altiste.

Le doigté, chez certains instrumentistes voire probablement tous, sauf les batteurs [1], c'est la petite indication numérique que l'on met parfois à côté d'une note sur la partition pour indiquer quel doigt doit servir à la jouer.

Faisons ici une parenthèse culturelle pour les moins férus d'instruments à cordes d'entre vous, pour préciser qu'un alto, ou plus précisément violon-alto, est un instrument à cordes très proche du violon, mais légèrement plus grand, plus bombé et plus grave (d'une quinte, très exactement).

Bien qu'il soit un des piliers du quatuor à cordes (lequel comporte aussi deux violonistes et un violoncelliste), un indispensable élément de l'orchestre et quelqu'un de tout à fait honnorable, l'altiste est en général la cible de risées au sein d'une assemblée de musiciens. Ces risées ne sont bien évidemment que l'expression de la jalousie des autres instrumentistes face à la noblesse et la polyvalence de l'alto, et l'altiste qui en est bien conscient rira de bon coeur aux blagues que l'on fera en sa présence.

La blague d'altiste, en effet, est à une assemblée de musiciens classiques ce que la blague de blondes est à une assemblée tout court, la connotation sexuelle en moins. Remarquons tout de même la nuance qui est qu'alors que l'immense majorité des blondes n'ont pas choisi de l'être, nombreux sont les altistes qui le sont devenus sans se trouver sous la contrainte, ce qui indiquerait une tendance toute naturelle à la marginalité chez ces individus.

Par ailleurs, l'altiste, qui n'est pas rancunier, fera volontiers à son tour des blagues aux dépends des contrebassistes, que c'est subtil. Et c'est ainsi qu'une ambiance chalereuse et bon enfant règne toujours dans les coulisses (comme dans les élections du Bureau des Elèves d'une école d'ingénieurs en télécommunications bretonne). Afin d'avoir ri gratuitement aux dépends de tout le monde, notons qu'il se trouve des gens pour dire que l'alto n'est nullement plus gros que le violon, qu'il s'agit juste d'une illusion d'optique : sachant que la tête du violoniste est plus grosse, il est normal que l'instrument apparaisse plus petit. (Je remercie mon Ange pour cette assertion fraîchement rapportée et assortie du commentaire "ça te fera une citation pour ton blog" : en ces temps de disette inspirationnelle, tout sujet est bon à prendre).

Plus sérieusement, l'amateur de musique classique pourra découvrir l'alto au travers d'Harold en Italie, symphonie avec alto solo composée dans les années 1830 par Hector Berlioz (qui fut, rappelons-le, un compositeur romantique français avant de donner son nom à un des aristochats), ou d'une des nombreuses oeuvres interprétées par Yuri Bashmet, Gérard Caussé, Paul Hindemith, Nobuko Imai, Tabea Zimmerman, William Primrose, Lionel Tertis ou encore Tasso Adamopoulos (lequel sera le professeur d'alto de l'Académie Internationale d'Eté de Nice à laquelle je regrette chaque année de plus en plus de ne pas pouvoir assister). Harold en Italie avec Tabea Zimmerman à l'alto, par exemple, est un des premiers enregistrements classiques à m'avoir tiré des larmes. Depuis, j'en ai ajouté quelques dizaines à la liste : que voulez-vous, il m'arrive parfois d'être une jeune fille sentimentale.

Mais ce préambule s'étend voire s'éternise, et je sens que le public s'impatiente. Il est donc temps d'en venir au coeur du sujet, à savoir de quelle admirable façon j'ai mis mes pieds (certes petits, mais convaincus) dans le plat aujourd'hui.

Il me faut encore planter rapidement le décor. Chaque lundi paraît sur le campus de l'UCI le journal des étudiants, audacieusement nommé "New University". Ce journal, que je me procure essentiellement pour les bons de réductions, les grilles de sudoku - très utiles quand un cours, une réunion ou une conférence s'éternisent -, les BD et les rapports de police (instructifs et hilarants), comporte hélas aussi quelques articles de fond, et je ne manque jamais de m'étonner de la naïveté ou de la partialité des auteurs lorsqu'il m'arrive, par désoeuvrement, d'en lire un.

Ce soir, donc, en sortant de mon bureau, je récupérai un exemplaire de l'hebdomadaire qui traînait sur une table dans mon couloir, et me mis négligemment à le parcourir. Aussitôt, mon regard fut arrêté par un titre que je traduirais par "La vie est rude pour les journaliers de Laguna". Vraiment, ils tiennent des scoops dans ce journal, la vie des journaliers n'est pas un rêve rose, ils sont payés des misères pour un travail très demandant, quand ils ne se font pas arnaquer quelque part, qui s'en serait douté ? L'article, signé Ophelia Y*** (il semblerait que je tienne à préserver l'anonymat de l'auteur), étale ses bons sentiments sur plusieurs colonnes.

J'étais encore en train de le parcourir quand je rencontre une connaissance, que je nommerai J (Jack, James, Josh, Jonh, Joe, Jeff, Jerry, Julian,... à vous d'imaginer), flanqué d'une jolie jeune fille qui décorait fort agréablement son côté. Après quelques échanges de banalités sur les vacances, la conversation tourne court, et J me demande alors si ma lecture du journal a été fructueuse.

Je saute aussitôt sur l'occasion pour me lancer dans ma critique habituelle de la feuille de chou, l'inintérêt et la vacuité de ses articles, et plus particulièrement celui d'Ophelia Y***. L'auteur s'est penchée sur le problème, il n'y a aucun doute, mais enfin, même les gosses de riches ici doivent bien se douter que travailleur journalier n'a jamais été un paradis doré, non ? Je relève même une ou deux tournures particulièrement naïves.

J s'éclaircit la gorge tandis que la jolie donzelle vire au rouge tomate, et l'incongruité de la situation me fait m'arrêter au beau milieu d'une phrase. J profite de ce brusque silence pour faire les présentations.

- "Chloé, Ophelia"

- "Ophelia Y*** ?", fut la seule chose que je trouvais à répliquer...



[1] Nous ne discuterons pas du statut de musicien des batteurs sur ce blog, malgré un traumatisme remontant à plus de cinq ans déjà, à l'époque où j'essayais encore de faire du jazz, et où je travaillais avec un batteur qui n'était pas en rythme. "Travaillais", encore, est un bien grand mot, mais il est probable que sans la nullité crasse de ce batteur auquel je rends aujourd'hui hommage, je ne me serai pas tant rapprochée d'un Ange qui m'est cher.

Improvisé par Krazy Kitty à 00:02 in If I Knew Then (What I Know Now)
Pitits Mots [9] | A reculons [0] | Lien indélébile




« Accueil  1  2   Page suivante »

Lecture du moment

Les histoires de Jacob
Thomas Mann
 
Le premier tome de Joseph et ses frères, un peu l'inverse du concept de La Bible illustrée expliquée aux enfants : des événements racontés dans la Bible, mais replacés dans un contexte historique, au coeur des influences de diverses civilisations et rapports humains. Et le tout bien écrit.

Mentions légales

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]
 
Blog garanti sans conservateurs. Déconseillé aux moins de 36 mois. A manipuler avec précaution. Demander conseil à votre pharmacien. Convient à l'alimentation des nourissons. L'abus d'alcool nuit gravement à la santé. D'ailleurs, fumer tue.*
 
* Rayer les mentions inutiles.